Dans les yeux verts d’une fille d’Alep

Dans les yeux verts d’une fille d’Alep

Le visage blanchi des cendres de la ville
Et de toute la craie des écoles,
Elle laisse sa mère sous les gravats puants,
Éclatés aux canons des tueurs imbéciles.

Dans les yeux verts d’une fille d’Alep,
Naissent les larmes des enfants qui partent.

A la rivière on pêche des hommes,
Des femmes usées les pleurent à peine.
Crachés des eaux, tirés des ponts,
Les corps s’alignent comme au peloton.

Sur le dos de son père, elle passe les frontières,
Leurs ronces de fer incisent sa peau fine.
Le soir elle prie, ses entailles pour chapelet,
Elle parle à sa mère des murs qu’on lui fait.

Dans une mer calme et sans marées,
Elle voit son père tremper au loin.
De gares en camps et de camps en trains,
Elle décide d’être arrivée enfin.

Derrière elle les canonniers,
Les gravats, les mers et les trains.
A elle les crayons, les fleurs sur les “i”,
Des petits cartons marqués “J’ai faim”.

Dans les yeux verts d’une fille d’Alep,
Naît l’amertume des enfants qu’on éteint.

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