Vendredi 13

Les barbares ont frappé, une nouvelle fois,
En plein cœur de Paris, des gens comme vous et moi.

Je n’ai plus de pardon, mon cœur s’emplit de haine
Devant cette folie, et le temps de la peine
S’amenuise chaque fois au profit du rejet.

Rejet de leurs croyances, de toute religion
Dès lors qu’elles pervertissent avec de noirs projets
De nobles idéaux, en armant leurs légions.

Rejet de ces démons qui salissent et qui tuent,
Mes larmes sont taries, mes paupières rabattues,
Et ma colère gronde ; tant d’innocents fauchés
Et tant de vies broyées, par des monstres sans foi
Prônant vindicte et haine dans leurs camps retranchés.

Ils frapperont encore, lâchement, surgissant
De leurs putrides caches pour imposer leur loi,
Et faire taire nos cœurs à nos âmes attachés.

Je veux me relever, en ces temps oppressants,
Et ne pas me terrer ; relever ma raison
Continuer de vivre après cette oraison,
Et arpenter la terre, esquisser l’avenir,
Loin des dogmes et des fous, et cimenter mon rêve
D’un possible demain, sans larmes et puis sans trêve,
Pour exister encore à défaut de bannir
Mes idéaux de paix, de silence et de joie.

Un rescapé disait :
« Je ne vous ferai pas
Ce cadeau de haïr, car répondre à la haine
Par un juste courroux ne serait-ce qu’une fois,
C’est céder à son tour à de sombres appâts,
A l’ignorance crasse qui derrière elle draine
Des craintes et des peurs ; ce serait sacrifier
Ma liberté chérie pour la sécurité,
Mais c’est cause perdue, je rejoue à nouveau ».

Puissions-nous aujourd’hui trouver enfin la force
Sinon de pardonner, car c’est impardonnable,
Du moins de continuer, ils ont atteint l’écorce
Nous pouvons résister face à l’insoutenable.

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0 Commentaires
  1. Florabateaumots 3 ans Il y a

    Au silence de la haine, le cri de la souffrance.
    Pour vaincre la mort, le cri de la vie,
    Mes bras s’ouvrent dans l’élan d’un souffle imprévisible.
    Mon coeur s’envole dans un monde indivisible.

    Amitiés
    Flora

  2. Mireille Masson 3 ans Il y a

    Ce cri du coeur, cet élan de colère, je le partage aussi pleinement, même s’il ne le faut pas ! Une oraison fabuleuse ! J’aurais aimé ecrire cela moi-même ! c’est fort, poignant, merci !
    Amitiés Philippe,
    Mireille.

  3. Dranoel 3 ans Il y a

    Merci de ce très bel et poignant écrit.

    J’aime beaucoup le style et la forme quant au fond , que puis-je dire de mieux que l’extrait ci dessous (cité de mémoire) :

    Fletch : je me demande comment vous pouvez aimer cette racaille à plume qui vient tout juste d’essayer de nous tuer..

    Johnatan : Oh Fletch , Tu n’aimes ni la haine, ni le mal, c’est évident. Il faut t’efforcer à voir le Goéland véritable – celui qui est bon – en chacun de tes semblables et à les aider à le découvrir en eux-mêmes.

    Richard Bach – ‘Jonhatan Livingston le Goëland’

    Merci
    Amitiés

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