Une ode aux travailleurs anonymes

Fidèle à l’Etablissement
On le joignait à tout moment.
Sans se plaindre, sans grognement,
Sans attendre des compliments.
Il travaillait soigneusement.
Les rires, les chuchotements
Qui dénigraient son dévouement
Ne le touchaient aucunement.

Approchant de la soixantaine,
Son patron, triste énergumène,
Lui dit : “ton grand âge nous gène,
Tu n’es plus pour nous une aubaine,
Ce travail n’est plus ton domaine,
Occupe-toi de tâches vaines.”
Il avala sa grande peine
Sans pleurs et sans faire de scène.

Le sexagénaire s’agite ;
Souvent il faut travailler vite.
Le gratte-papier émérite
Ne voit pas les airs hypocrites.
Il court, gesticule, s’irrite ;
Ses forces lentement s’effritent.
Vers la mort il se précipite,
Mais parle-t-on de son mérite ?

Le travail sera son bourreau.
Il trépassera, le blaireau.
Il ne sera qu’un numéro
Que l’on prendra pour un zéro
Ayant fait le bonheur des gros
Qui l’ont laissé sur le carreau.
On ne se souviendra pas trop
De ce besogneux, ce héros.

Honte à toi, directeur véreux ;
L’ultime hommage sonne creux
Tu t’es servi d’un malheureux.
L’offense rend ton œil vitreux ;
La poussière de l’homme preux
Te recouvrira, grand affreux
Afin que les gens valeureux
Puissent couler des jours heureux.

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1 Commentaire
  1. caroline 5 ans Il y a

    bonsoir david merci de permettre de te lire je t’ais répondue sous mon texte tu as de trés jolis mots aussi amitiés ..caro

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