Tu me retiens encore

De vagues souvenirs viennent lécher l’écume
qu’une mer insouciante engloutira bientôt
emportant à jamais tout ce que nous vécûmes
jusqu’au plus merveilleux des péchés capitaux.

Je revois parader des bribes de nos vies
d’un orage la nuit la brutale douceur
le combat incessant que menaient nos envies
un visage étoilé de tâche de rousseur.

De brûlantes froideurs m’infligent leurs supplices
je me sens digéré, dissout dans un boyau
comme voué au diable, à l’un de ses complices
ou dans un monde blanc privé de tout joyau

Là j’entends une voix, tu me retiens encore
sur ma poitrine nue on rallume mon coeur
je suis à ciel ouvert et toi tu le décores
je deviens opéra tu chantes dans le choeur

On est bientôt lundi la lumière est si blanche
un silence bruyant traverse le rideau
peut-être ai-je le choix revenir à dimanche
ou avancer toujours en lâchant mon fardeau.

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8 Commentaires
  1. Music Arts 4 années Il y a

    Il reste toujours, ne serait-ce que quelques filets d’écume qui nous rappellent les jours de grande écume.
    Avancer et reculer…on peut faire comme la marée.

    Un poème comme une bouteille à la mer.

    Bien le bonjour, Arty!

  2. lifesof 4 années Il y a

    j’aime beaucoup, merci pour l’émotion.

    Lynda

  3. Tonin Dulot 4 années Il y a

    Lâcher prise sans surprise pour ne plus avoir l’élan terne….

    Fort agréable lecture ….

    à vous relire
    Tonin

  4. Luigi 4 années Il y a

    “d’une nuit sans orage la violente douceur”… 13 pieds. En comptant la diérèse (violente) 14. D’autres pénibles imperfections seraient à dénoncer, mais j’ai la flemme ! sourire.

    Bon dimanche,

    Luigi.

  5. Luigi 4 années Il y a

    “De vagues souvenirs viennent lécher l’écume”…Toujours ce souci formel de cohérence interne : un souvenir est une entité immatérielle, l’écume, une entité matérielle; comment ce qui est immatériel peut-il “lécher” (mot affreux et antipoétique au possible, associé à souvenir ! ) l’écume ?…Le petit artichaut, je le redis, est un être plein de candeur ( je renonce à dessein à un qualificatif plus évocateur, mais un peu grossier ) : il croit que l’art poétique consiste à compter ses pieds : moyennant quoi, si le compte est correcte, il est loisible, songe notre petit babouin lyrique, d’écrire n’importe quoi qui fasse “poétique” (les “souvenirs qui léchouillent l’écume”, par ex. )…Non, non, petit artichaut ! La technique, relativement simple d’ailleurs, n’est qu’un préalable : le véritable travail comme APRÈS, et il fait intervenir cet élément, dont le petit artichaut est absolument et désespérément dépourvu : le TALENT.

  6. Luigi 4 années Il y a

    errata : le véritable travail commence APRÈS,

    Luigi.

  7. Graoully 4 années Il y a

    Bonjour,

    Bravo pour ce beau poème aux alexandrins solides, musicaux et… poétiques.

    A bientôt,
    G.

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