Sur les traces de Vlad l’empaleur (Zadjal)

Sur les traces de Vlad l’empaleur

 

En parcourant l’Histoire, et ce qu’on fit de pire,

On visite, aujourd’hui, le château du vampire

 

Le chemin est mauvais, on s’y rend en fourgon

Tout est beau, tout est net. On achète un coupon

On entre lentement dans l’antre du dragon*

 

Et le temps se suspend quand le pont se retire

 

Une coupe en faux or près d’un petit jet d’eau

Pour éteindre la soif du passant, du badaud

Mais, pour l’indélicat, le chemin du poteau

 

Du cruel qu’on observe, autant l’honnête admire

 

Dans la cour, des vitraux qui racontent l’horreur

Du château, la chapelle en retient la saveur

Croustillant ce sevrage à la foi du saigneur

 

Je crois entendre un pas…Le milieu voudrait nuire ?

 

Une salle couverte en guise d’hall d’accueil

Je vois sortir quelqu’un d’une niche en cercueil

Un nigaud me chatouille et lui colle un noir œil

 

Un réflexe banal aux lueurs de lampyre

 

Une armure en acier tient un rai de soleil

Qui renvoie en reflet une tache vermeil

Un reste de vieux sang en chambre du conseil

 

On approche du trône où siégeait le grand sire

 

Dans les étroits couloirs, un gamin frappe un coup

Le son se répercute en grondement chélou

Dans le bois, tout autour, monte l’appel du loup

 

Pour tous les visiteurs le regard qui chavire

 

Une ombre, sur un mur, nous conduit au donjon

Certains sont déjà mûrs pour sentir le frisson

Qui parcourt tout leur corps dans l’antique prison

 

On n’aperçoit ces morts dont le public aspire

 

On voit, de ci de là, les empreintes du temps

Un bruit ? Le cœur frissonne au moindre coup de vent

S’attend à voir surgir le spectre de l’errant

 

Venant boire le sang de la foule en délire

 

C’en est trop pour quelqu’un, le voilà cavalant

Dévalant l’escalier et criant en courant :

Au secours ! Sauvez-moi ! J’ai vu le revenant !

 

Le spectacle est rôdé pour que l’angoisse attire

 

Mais certains n’ont l’esprit, en ce lieu désolant,

Ils tremblent ! Ils ont peur ! Sauf un vieux vétéran

Qui s’en prend au fantôme…Et bat le figurant

 

Qui s’écroule en saignant dans un éclat de rire

 

Lors le charme est rompu, le groupe se détend

On reprend les débats sur l’empire ottoman

On écoute le guide et son ton charlatan

 

Nous conter les méfaits des soldats du messire

 

La visite poursuis, plus à l’aise, en curieux

Les fresques, les tableaux, un décor mystérieux

Des armes et du sang, partout en quelques lieux

 

Du maître de céans ? Aucun trait du vampire !

 

© Hami

 

*Vlad III Basarab, surnommé « l’Empaleur » était membre de l’ordre du dragon

Drăculea (« Petit dragon » en roumain,) d’où Dracula qui donna le nom du personnage de Bram Stoker

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3 Commentaires
  1. Gabrielle 4 ans Il y a

    j’ai aimé cette visite au triste sire et les côtes me suis tenue de rire

    une visite bien contée chez Vlad le vampire merci

    @micalement

  2. peon 4 ans Il y a

    par la meurtrière, j’entend le beau geste, le mot juste.

    un joli texte.

  3. Tristan 4 ans Il y a

    Salut, Hami ! Je vois que ton inspiration ne t’as pas quittée. Étant moi-même un “Nosfératu”, j’ai lu ton poème avec…gourmandise !

    Cordialement,

    Un Tristan que tu dois connaitre.

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