Suicide printanier.

Sans éclat, sans saveur, il se bouffe les lèvres à en signer d’hémoglobine des papelards avec la mort. Le contrat passé, il prit la main de cette faucheuse sporadique, menant avec désespoir les âmes en peine.

Tout c’était déroulé par une nuit froide de printemps, lorsque les premiers bourgeons fleurissaient et que la brise désinvolte s’affairait à décoiffer les jolies dames sorties de soirée, accompagnées par de braves hommes en pacotilles. Du haut de son moulin rénové, il contemplait d’un air blême le paysage nocturne. Le moulin, se trouvait construit au bord d’un lac, qui, par l’éclat de la lune, donnait une impression de sûreté malveillante. Un lieu où mille drames à peine voilés s’étaient profilés sous le regard non-assumé des passants feuillus, préférant tourner leurs branches vers le ciel s’assurant de ne rien savoir, ou du moins, pas entièrement. L’amant oisif ne se souciait guère des odyssées miteux et malfamés pouvant fermenter au fond de ce lac. Comme lui, son air blafard ne tirait sa luminescence que des songes abyssaux de son esprit torturé. Sa femme, depuis quelque temps, voyait la vie au travers d’un filtre funèbre, où colombe est corbeau, où fleur est poison, où amour est cancer. Le pauvre homme ne dormait plus dès lors qu’avec les paupières mis-closes, aux aguets du moindre bruit mortuaire. Malheureusement, il n’eut le temps que d’apercevoir la chevelure rousse de sa douce s’évader par la fenêtre, dans une glissade funeste et cathartique, suivie d’un fracas timide, adoucis par le drap aqueux du lac. A peine courut-il à la fenêtre qu’il vit son corps flottant, loin déjà, guidé par le courant silencieux. Dans son linceul elle se laissait porter par le matelas soyeux de l’eau limpide, comme une larme intarissable. Les saules caressaient son visage d’enfant, tendre comme une poupée de cire, inanimé comme celui qui pleurait à la fenêtre ; le vent dans les cheveux, le regard béant, les larmes irrigant le fleuves onirique de ses songes. Ces pirogues cristallines voguant sur sa joue il les connaissait bien ; quand l’éclat du verre scintillait au sol, quand les diatribes fusaient à travers les molécules d’air, ricochant aux oreilles des amants, comme des balles perdues et dans la mémoire se figent lentement, se glaçant à la portée du coeur, le saupoudrant de sa poudre, prête à exploser à tout instant.

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