Si seulement…

Seule je regarde par la fenêtre la pluie qui tombe
Au travers de mon carreau grêlé par la buée
Et des franges de mon rideau de dentelle usé
Mes yeux âgés ne voient plus guère que des ombres

Seule je retourne m’assoir dans le vieux canapé
Et me laisse tomber comme un vulgaire sac lourd
Lourd du poids de toutes ces années passées
Sans joie, sans bonheur, sans vie, sans amour

A l’aurore de ma longue vie, je vais seule me coucher
Sans personne auprès de moi pour me toucher
Que n’ai-je pas ouvert mes bras à celui qui voulait
Faire de moi sa compagne, son amie, son amante à jamais

A présent seule, combien sont longues mes journées
A attendre Dieu sait quoi ! Vraiment à attendre quoi !
Comment n’ai-je pas su voir quelle triste destinée
Serait mienne, j’aurais pu, j’aurais dû faire n’importe quoi !

Autre que me soucier de choses futiles, de choses inutiles
Autre que perdre un temps précieux à de si sottes pensées
Qui, importantes à mes yeux d’antan, sont devenues si puériles
Quelle bêtise que de n’avoir pas simplement aimé

Au lieu de cela, je n’ai su que répandre mon fiel
Je n’ai su que poser mon regard sur ce qui n’allait pas
Je n’ai su que mépriser ce qui semblait superficiel
Sans chercher à voir la profondeur peut-être au delà

Je n’ai su que m’étendre sur les moments difficiles
Regarder l’amertume des choses qui vous envahissent
Alors que voir la beauté, l’amour, la sincérité est si facile
Je n’ai su que voir la laideur, la haine et l’hypocrisie

Je n’ai su que me plaindre sur mon triste sort
Jamais ma vie de misères n’était dû autrement
Que par la faute, la faute seule de la malchance
Qui s’abattait sur moi me causant mille souffrances

Mes maladies n’étaient qu’une triste circonstance
Mes peines et mes douleurs dues à l’indifférence
Si j’avais su comprendre qu’à tout cela il aurait suffit
De regarder la beauté des choses que m’offrait la vie

Mais non !

Ma vie s’est enroulée autour de moi tel un barbelé
Me couvrant de ses nombreux pics acérés
Empêchant mon coeur d’éclore comme une fleur
Qui s’épanouirait avant que doucement elle ne meure

Si seulement
Je pouvais remonter le temps
Le temps de savourer chaque instant
Chaque instant de bonheur se succédant

Et pouvoir mourir paisiblement
En songeant avoir eu tout le temps
De vivre ces années pleinement
Et ne pas regretter amèrement

07/02/2015

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