Se souvenir des belles doses

 

Parfois le choix est la cause,
Je me suis extirpé de mon cercueil, la mort c’est de l’existence amnésique,
Quelqu’un pendu à une branche a crié
« Ce type n’a plus rien d’humain »
Je me suis dirigé vers la ville immense
Que les halos supposaient
Sur l’épaule d’une colline tatoué par des loups en fuite,

J’ai croisé un épouvantail de sexe féminin
Sur le bord de la route
Elle voulait des gosses
Pour leur sucer le pouce
Deux billes de cuivres en guise de regard
Une veste de garde champêtre avec un bouton qui pendait
Comme une virgule dans une excuse
Et de son ventre s’échappait de la salive en torrent
Dont j’aurais pu devenir les rives,

Je lui ai donné les deux ailes de l’ange
Que j’avais été avant de mourir
Et si vous levez les yeux
Vous pourrez la voir pleine et dorée
Dans le ciel qui se termine par le mot matin,

Sur les boulevards
De violents ressacs tuméfiés
Tournaient le dos aux orages
Dont les pointes hurlantes leurs griffait la peau
La mer macadam ouvre des veines
Zone patibulaire du non-lieu
J’ai marché entre les calembours de la rage
Tragédie et eau de rose donnant naissance au scénario,

Une poupée cynique et l’enfance
Jouaient à la roulette russe
Enfoncés dans une ombre impaire comme le chiffre sang,

Le marchant de portière
Le marchand de sonnettes
Et leurs serpents respectifs
Rentraient du bal
Avec des filles habillées par transparence
Armées jusqu’aux dents
De leur simple sourire,

Flèches et cibles tourmentées par les addictions de l’archer
Le nuit donnait une de ses cendres
contre un vrai baiser
Mais le jour se tirait avec les rescapés,

Je me suis assis sur un banc
Dans un parc dessiné par un acrobate
Amoureux d’une gomme carnivore
Qui l’a rayé de la carte,

Un marionnettiste dormait à côté de sa valise
Des ficelles enroulées aux poignets
Un pantin lui prenait le pouls
Alors je me suis approché
Et un lion m’a mordu à travers les barreaux de sa cage

Je me suis planqué dans un sac à main
Qui traînait à l’autre bout du banc
Et j‘ai fini sur une table de nuit
Au milieu des complications de la solitude,

Paradoxe d’une douille
La mort est désarmante
A été ma dernière pensée,

Avant de me glisser sous les draps
Avec le cadavre de mon subconscient
Qui en voulait à celui que je devenais,

Elle
Avait
Sur sa peau
Les délices qui font des mains
Des goujats ou bien des princes
Et je me suis comporté.

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4 Commentaires
  1. Fredelie33 2 années Il y a

    “la mort c’est de l’existence amnésique,” le léthé ? Poème très bellement métaphorique. trop savant dans la forme et le fond pour être commenté ici. Hélas. Je te reconnais, ami. je suis “Emma” de l’ancien jepo.

  2. Fredelie33 2 années Il y a

    L’horreur avait mille et un visage,
    Mais surtout celui, blême, d’une rage inconnue,
    Et son poing se tendait gorgé comme d’un paf
    Le mufle, mousseux de de rage
    Mon Dieu, quel est le sage
    Qui noiera de miel nos songes ténébreux…

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