Rire mortel…

Tout le monde riait ! La salle était hilare,
J’étais silencieux, accoudé au comptoir
Dans ce quartier sordide où s’arrêtait l’histoire ;

Un nuage de tabac enveloppait le bar
Et la grand’ salle triste, tandis qu’une serveuse
Fatiguée et servile, accrochait à son fard
Un sourire complaisant et une mine heureuse ;

J’avertis le patron qui se tordait de rire
Que mon verre était vide, il fallait le remplir
Pour que je me confonde avec ces compagnons
De soif et de hasard en cet hiver trop long ;

Depuis combien de jours arpentais je ces rues ?
Depuis combien de verres avais je ainsi perdu
La dignité des ânes et les plans de Panurge ?

Elle m’avait quitté comme on fait une purge
De ce qui vous encombre, comme on prépare sa mue
Pour d’autres aventures aux confins de l’extase
Pour repartir enfin sur de nouvelles bases.

Mon voisin de comptoir toussait et éructait
En même temps qu’il riait, la gorge déployée,
Il se contorsionnait, et le son déchiré
Que vomissaient ses lèvres, était lugubre et sale.

A cet instant précis je ne pouvais penser
Qu’à ce type engourdi affalé sur lui-même
Il me faisait horreur j’avais la face blême
Je voulais fuir ce lieu qui était insensé
Mais mes jambes étaient lourdes et il se faisait tard

Où trouver un refuge un autre café bar ?

Le quidam rigolard gisait sur le lino
Les rires avaient cessés et le nouvel écho
Qui avait retenti était grave à présent

Tout un attroupement faisait la ronde autour
Alors cédant encore à d’antiques frayeurs,
Je décidais de fuir en emportant ma peine.

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