Parfois

Ça y est
J’ suis morte
et je m’en porte pas mieux
j’aurais pu y penser avant
pas eu le temps
de réviser l’huile du sujet

j’y suis presque
tu vois
sans plus y être
je rêve
que crever c’est rêver
d’une trêve

Le sable s’éparpille
sous mes os
en grappe de désert
les vagues s’empilent
dans ce qui semble être
le fantôme d’un mouvement
le ressac du récit
m’éloigne de tout rivage

J’ai froid je crois
Tout ça ressemble à quelque chose d’étroit
de lisse
et d’infiniment tendre
parfois

le cul d’un sac à s’y méprendre
m’ouvre ses bras
le ventre d’un loup
le souvenir d’un lac
s’accouplent à mon cou
pour y boire les cendres fraiches

c’est doux
un violon me traverse l’âme
je lui rampe une mélodie
que la terre rançonne
contre une poignée de « rien à dire »

ça fait tout drôle
de marcher dans les sabots du vide
sans se mouiller le sang

tu me manques déjà
Crever
c’est un sacré manque de peau
une blessure à la mâchoire d’un trottoir
des cailloux entre les crocs des étoiles

Alors que je me tue à faire semblant de vivre
Encore un peu
Excitée à l’idée d’en mourir
Je ressuscite
Juste pour le plaisir d’avoir été

 

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7 Commentaires
  1. Randolph Lafayette 5 ans Il y a

    Tas été Lu lu, la menteuse.

  2. Entrelac 5 ans Il y a

    De profundis …..

  3. Frederik 5 ans Il y a

    Véritablement sublime. profond et riche en images poignantes. j’ai beaucoup aimé.

  4. Auteur
    Lululamenteuse 5 ans Il y a

    J’suis pas morte pour rien,
    ça fait chaud au coeur pour quelques vers sous terre, à votre santé chers vivants !

    Lulu

  5. Pourlire 5 ans Il y a

    Le sombre est à l’honneur, et votre atypique écriture le sert admirablement.
    Comme : « crever c’est rêver d’une trêve », de belles et sensibles trouvailles émaillent votre poème.

    Avec tous mes encouragements.

    Pourlire

  6. Auteur
    Lululamenteuse 5 ans Il y a

    Pourlire, vous m’avez bien Lulu, on ne sort pas de l’huile du sujet, je vais de ce pas vous lilire

  7. CinquiemeVallee 5 ans Il y a

    Le cri se tait juste
    Le repli se défroisse
    le repas froid se déguste
    l’auguste supplice de la poisse
    Se remet en place au deuxième service

    Je meurs donc j’existe !

    ça vaut la peine de ressusciter : je vais en profiter pour vous relire !
    Amicalement
    Alain

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