Noces de rosée

Noces de rosée

Saveur insolente du désir, journée volée,
Éclats étoilés, levées des ombres, caresses,
Foudre et tonnerre des cœurs-tambour,
Ombre nue de tes lèvres, diamant blanc.

Aux Hespérides, pomme d’or, fruit dérobé
Mains liées, paroles entrelacées, tendresses
Arcade d’astres bleus, litanie de troubadour,
Buées striées de tes regards aimants.

De ses milliers de fruits, le soleil dépeuplé,
Joie profonde à foison, infinité, jamais ne cesse,
Parcours sans fin de nos mains, mille détours,
Chemins réinventés, sauvages, effleurements brûlants.

Fleuve tumultueux, hautes eaux, Barrages renversés,
Sur le sel et la cendre, crues fécondes, promesses,
Frémissements d’abeilles dans la lumière du jour,
Repentirs envolés, syllabes de ton prénom rythmant mon sang.

D’un battement de tes cils, mon âme frappée de vie, déshabillée
Donnée à toi, très simplement, en noces de rosée, sans messe
Éprise et prise aux reflets épars murmurés de tes yeux vert
Offerte à la pâleur sans trêves de la nuit délivrée brusquement

Sur le chemin de ronde du désir cent fois je m’arrête boire la rosée
Des roses à même ta peau, épiant l’éternité avant que le jour naisse
Brisant les miroirs inversés de la nuit qu’un cercle que tes bras entoure
Au centre du jardin, fracas d’or, le soleil et la lune couchés tremblant

Périples de mes doigts froissant les pétales d’or de ta nudité
Des terres lentes de ton ventre, Ma promise, ma délicatesse
A tes cuisses d’argiles nacrées, perdu en imprévisibles détours
Ma langue déplie ta rose, coquillage magnétique érubescent

Nuit nue, torrent d’étoiles déversés,
Exil des heures muettes écartées avec adresse,
Secondes dilapidées en rêves de velours,
Lune figée, Sablier renversé, étreintes d’amants.

Tes mains comme oiseaux aveugles en escapades effarouchées
Du bout de tes doigts rompues les nuées cuivrées du ciel dansent
Des flots flamboyant les ombres de nos corps dans le contre-jour
Nos corps partagés en frémissement de blés, en halètements d’astre lancinant

Nos cœurs reliés l’un à l’autre des milliers de fils invisibles de l’affinité
Liées par le verbe, par les sens, par les chemins croisés qui se tressent
Nos cœurs éprouvés par la flamme, l’absence aride, la liesse du retour
Nos cœurs alliés, découvrant en l’autre la source vive, la ramure du serment

Blottis dans notre oubli jusqu’au matin des minutes dansées,
Aux draps éparpillés mes mains éphémérides laissent
Entre des plis du sommeil trahi, les très belles heures d’un jour
Ruisseler sur ton corps, onde solaire que mes mains retiennent patiemment

 

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1 Commentaire
  1. Boho 4 ans Il y a

    Qu’elle jolie noce de rosée, un grand amour.

    Une plume délicate et une sensible poésie qui touche l’âme

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