Mes dernières volontés

Mes dernières volontés

 

Il y a longtemps déjà que mon sang condamné,
A livré ses dernières volontés sans trembler.
Un soir de novembre près du port doucement,
Il a tout déversé, noyé ses sentiments.

J’aurais voulu revoir les yeux de ma nourrice,
J’aurais du m’occuper de ces quelques cicatrices.
Embrasser mes parents quand je rentrais le soir,
Plus passionnément qu’un ados au teint blafard.
Mes dernières volontés sont simples à respecter,

Une pensée un sourire, un rictus oublié,

Quelques lignes quelques verres que nous partagerons,

Quelques vers quelques rimes, qui m’accompagneront.
Je n’ai pourtant pas tué et je n’ai pas volé,
Seulement un sonnet pour celle que j’aimais.
Elle ne l’a jamais lu et je me suis enfui,
Emportant avec moi un morceau de sa vie.

Mon âme en bandoulière tel un conquistador,
J’ai gravi les vallées ne m’arrêtant qu’aux ports,
Quand au petit matin je me sentais jugé,
Je reprenais ma course par des pas bien légers.
Mes dernières volontés sont simples à respecter,

Une pensée un sourire, un rictus oublié,

Quelques lignes quelques verres que nous partagerons,

Quelques vers quelques rimes, qui m’accompagneront.

 

J’aurais voulu leur dire qu’elle m’a fait trop souffrir,
Que ses mots n’étaient là que pour cacher le pire,
J’aurais voulu leur dire que je l’aimais trop fort,
Que sa douceur est telle que j’accepte la mort.

Je ne suis meurtrier que de l’amour passé,
Je ne serais jamais un homme vil à saigner,
Je serai immortel dans ses pensées la nuit,
Je viendrai la hanter par un écho sans bruit.

Mes dernières volontés sont simples à respecter,

Une pensée un sourire, un rictus oublié,

Quelques lignes quelques verres que nous partagerons,

Quelques vers quelques rimes, qui m’accompagneront.

 

J’aurais du tout lui dire au lieu de lui écrire,
Elle m’aurait écouté et je l’aurais fait rire,
Mais en jetant la lettre à l’approche de l’hiver,
Elle jeta mes espoirs dans des rues sans lumières.

J’aurais voulu encore au moins pour une fois,
Caresser ses cheveux et conjuguer nos voix,
Aux élans de nos cœur quand l’étreinte finale,
Etouffait dans le noir nos sens et nos râles.

Il y a longtemps déjà que mon sang condamné,
A fait ses volontés, les dernières à jamais,
Je n’aurais jamais cru un jour m’évanouir,
Dans le creux d’un matin au clair d’un vieux sourire.

En écrivant ce soir mes dernières volontés,
Je fais vœu de toujours pour ma muse composer,
Et dans la bière encore son âme m’éclairera,
Et je serais poète jusque dans l’au-delà.

 

Stéphane CHENEVAS-PAULE

19 février 2009 – 19 avril 2016

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