L’orphelin, l’hivernale métaphore

L’orphelin tremblotte dans le sombre manoir.
Aucune tendresse ne scintille
Dans cet asile où l’enfance se meurt
A l’abri des adultes réprobateurs ;
Aucun geste d’affection ne clignote
Dans cette indifférence
Élevée à la hauteur d’une institution ;
Son hiver à lui s’étale sur l’année.
Au loin, la petite sarcelle grogne ;
Son chant aussi s’est perdu
Dans les eaux solitaires cernées d’hiver.

Alors, les larmes de sang coulent
Dans l’ombre des soleils endormis,
Dans l’obscurité des sombres lunes ;
Elle mouillent la paillasse de l’orphelin.
Alors, les sanglots s’épanchent à grands flots
Sur les joues se creusant d’abandon.
Dehors, l’hiver céleste
De sa peine se déleste ;
La vierge aussi, à flocons blancs,
Pleure l’enfant gisant sur ses flancs.

Haletant après une mère aimante,
Languissant après un père rassurant,
L’orphelin furète le sourire bienveillant
Dans les recoins de leurs âmes,
Le pupille de la Nation fouille leurs cœurs
Dans la bâtisse austère abritant ses rêves.
L’oisillon abandonné dépérit aussi ;
Il fouine jusqu’à la mort ;
Nul ne le réjouira de nourriture ;
L’hiver a la dent dure.

Puisse un esprit câlin
Envelopper l’hiver de l’orphelin ;
Puisse un baiser divin
Le réchauffer de chaleur humaine ;
Le printemps, lui, embrase maints et maints hivers.

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