les litanies du roy

LES LITANIES DU ROY

Des ceintures d’astres au-dessus
Des bretelles d’autoroutes
De la poussière plein les yeux
De l’huile sur le feu des essieux
La peau en odeur de saleté
L’artère étanche au gravier
La vitesse invitée au toast
De la tôle qui se froisse d’un rien
De la nuit en vitre électrique
L’hagard debout sur le cric
Le destin enflé comme un ver
Qui garde la chambre à ère

La barque avec des pneus en proue
Gîtant sous des croupes gitanes
Des catamarans pas tant que ça
Des coques pour le blanc des yeux
Des noyés rayés de la surface
Du chagrin de mer pris de face
Des putains de glace par vent arrière
De la houle acclamant
Des cargaisons d’horizons
Arraisonnées par des étoiles
Retour des bas fonds en filets
L’are mort suicidé à l’herbicide

Des mascarades de camarades
Dans les rades à mascara
Des buveurs trop bavards
Que boivent les boulevards
Des laiderons silencieux
Menés par le bout du nez
À des lits sans cieux
Des jeunettes vivant de jeûnes
Pour des décadents caduques
Qui casquent cash le jambon
Fumés à la tournée des grands ducs
Des filles chouettes saoulées au dollard

Du blé pour les banquiers de la dalle
Du paradis pour les sans-radis
Des misères à bouffer du mouron
De la panade sous les panards
De la mouise dés le moïse
Des Moïse pour fendre les os
Des porte-savates à coups de latte
Des pupitres où puent les pitres
Couverts du merdier des savants
Qui s’en lavent les mains tout le corps
Avec leur nous nous savons
De la connerie avant la sonnerie

Des politiciens chez l’opticien
De la vue basse de la haute
Des cravatés pendus aux basques
Des pleins aux as même sans manches
Des cols blancs à remonter la Rolex
Des nègres blancs en pompe-Afrique
Des aristos aux acronymes
Sourds au haro des anonymes
Des sommes à dormir debout
Des ras-le-bol qui s’entassent
Dans les cafés noirs d’y en a marre
Des qui rentrent pas dans l’axe

Des soleils un seul par jour
Des lunes le suaire sous le bras
Des lampes au chevet de la saison
Des mélancolies bleues de coliques
Des vers de rage sous la pluie
Des rimes à rien où s’arrimer
Des poètes pour finir la noce
Entre les cuisses de la mort
Des écorchés accrochés aux crocs
Des bouchers de la reine-misère
L’enfer et l’acier dans la carne
Et l’esprit enfanté par l’ange fantôme

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