les jonquilles pourpres

Au début d’un printemps délicat

Sur une prairie parée de jonquilles

La sérénité est brisée par le fracas

Des canons déchaînés qui résonnent.

Et tombent dix par dix, comme des quilles,

Des centaines d’hommes en colonnes.

——

Le tapis vert-jaune, si bucolique

Se dissout dans l’enfer métallique.

Les épais ruisseaux de sang rouge

Dans le calme revenu, soudain se figent

Et poissent quelques tiges devenues vestiges.

Sur la plaine, plus rien ne bouge ….

——

Dans le ciel le deuil des corbeaux

Attiré par les monceaux de lambeaux,

Descend en tournoyant au champ d’horreur

Et accomplit sa besogne de fossoyeur.

—–

La Mort termine sa triste kermesse

Décorée de tresses de fleurs de jeunesse.

Les vents et la pluie lentement dispersent

Vers l’oubli ces relents qui oppressent.

—–

Il ne restera plus rien des sacrifiés

Et sur cette terre désormais sanctifiée

Seul, le jaune plus vif des jonquilles

Empêchera que leur souvenir ne s’éparpille.

—–

Montfort, le 27/10/2018.

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2 Commentaires
  1. Samsara 6 mois Il y a

    Bonjour Quatre Sous,

    J’affectionne la poésie qui élève l’âme et apaise, autant que celle qui se révolte et s’engage pour une cause qui lui tient à coeur, Merci … je suis le 6ème j’aime

    Paule

  2. Auteur
    Quatre-Sous 6 mois Il y a

    Merci Samsara.

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