Le Temps

L’incessant balancier, Tempo de l’Autrefois,
Disciple asservi, soumis au Dieu suprême :
Le Temps et ses mesures : cadences et quantièmes,
Rythmant nos destinées, nous impose sa loi.

Le Temps, tout comme l’eau, se hâte entre les rives
Du fleuve de la vie que nous voyons passer,
Onde timide et sage ou torrent indompté,
Emportant dans son lit notre mémoire captive.

Dédaigneux fantaisiste, le Temps change de face ;
Insaisissable, il fuit, nul ne peut l’arrêter.
Compagnon de l’ennui, il est éternité,
Sur les lames du bonheur, il s’esquive, fugace.

De son cours éternel, il offre l’occurrence :
La vie à savourer, parcimonieux présent,
Rafle Histoire et passé, en guise de paiement,
Et, mesquin donateur, en limite la jouissance.

Alors, heure fatale, il prononce la sanction,
Échéance ultime, et cesse de conjuguer
Notre vie au futur ; impassible meurtrier
Commande au balancier de stopper son action.

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0 Commentaires
  1. Dranoel 3 ans Il y a

    Très beau texte dont la lecture mérite de prendre son temps…

    Il m’a rappelé celui-ci qui le suit logiquement :

    Ne chantez pas la Mort !
    Paroles de Jean-Roger Caussimon, musique de Léo Ferré

    Ne chantez pas la Mort, c’est un sujet morbide
    Le mot seul jette un froid, aussitôt qu’il est dit
    Les gens du “show-business “vous prédiront le bide »
    C’est un sujet tabou… Pour poète maudit
    La Mort… La Mort…

    Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles
    Il semble que la Mort est la sœur de l’amour
    La Mort qui nous attend, l’amour que l’on appelle
    Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
    La Mort… La Mort…

    La mienne n’aura pas, comme dans le Larousse
    Un squelette, un linceul, dans la main une faux
    Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse
    En voile de mariée, elle aura ce qu’il faut
    La Mort… La Mort…

    De grands yeux d’océan, la voix d’une ingénue
    Un sourire d’enfant sur des lèvres carmin
    Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
    Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
    La Mort… La Mort.

    « Requiem » de Mozart et non Danse Macabre
    Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns !
    La Mort c’est la beauté, c’est l’éclair vif du sabre
    C’est le doux penthotal de l’esprit et des sens
    La Mort… La Mort…

    Et n’allez pas confondre et l’effet et la cause
    La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
    Quotidiennement nous vole quelque chose
    La poignée de cheveux et l’ivoire des dents
    La Mort… La Mort…

    Elle est Euthanasie, la suprême infirmière
    Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu
    Près du soldat blessé dans la boue des rizières
    Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu
    La Mort… La Mort…

    Le Temps, c’est le tic-tac monstrueux de la montre
    La Mort, c’est l’infini dans son éternité
    Mais qu’advient-il de ceux qui vont à sa rencontre ?
    Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter
    La Mort… La Mort…

    La Mort ?…

    Merci
    Amitiés

    • Auteur
      Mireille Masson 3 ans Il y a

      Bonsoir Dranoel
      Je suis désolée , je viens seulement de prendre connaissance de votre commentaire, très intéressant ! Je connais cette chanson superbe.
      Merci
      Amitiés
      Mireille

  2. lovely 3 ans Il y a

    Très beau poème qu’on lis en prenant son temps

    Merci Mireille

    Amicalement

    L.

    • Auteur
      Mireille Masson 3 ans Il y a

      Merci Lovely pour ce commentaire dont je prends seulement connaissance.
      Merci également pour la note et le cadeau, ce magnifique poème.

      Amitiés
      Mireille.

  3. lovely 3 ans Il y a

    Cadeau:

    Lieu de fulgurances mon arrière pays
    celé entre l’exil et le rêve
    dans les espaces les plus félins
    chemin à rebours
    J’immigre dans la certitude de ton regard bénin
    chaque geste creuse une histoire
    à la recherche du désir équitable

    Ton corps forcené
    dans l’humilité des transhumances
    est moment transitaire
    à l’orée des spasmes qu’on évite par tolérance
    ton obélisque au bout de chaque silence
    m’inverse dans l’entrelacs des marées harcelées
    des temps très anciens

  4. lovely 3 ans Il y a

    V+*****

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