Le soldat du plomb

« Levé armes ! Feu. »

Hurle, hurle, le tuyau noircit

Par le projectile et la poudre.

Par ce projectile et cette poudre

Déloge-les de leur logis.

Ma rime est pauvre face aux armes,

Véritables amants aimants d’éphémères âmes,

Quand hurle la voie du drame

Avec la Mort, je râle l’épithalame.

De quatrains sans alexandrins

Par ces rimes amoindrissant,

J’écoute l’écho du puissant,

Qui en moi, sans cesse vient.

« Levé armes ! Feu. »

Se vide mon cœur en leur âme, faisceaux de fumés,

Va et chasse les nuages, toi linceul des inhumés.

Crache mon humanité en ces tissus animés,

Crache leur jugement, toi, maître de mon oublié !

Pour ma raison en fuite, j’en devient le fou,

Écho du puissant, j’en perd ma différence,

A mon nom annoncé, point de révérence,

Ô toi belle Mort, je suis ton éternel époux.

J’offre à ton doigt de la chair en pâture

Moi monstre de ma caricature.

Je dévore sous ce lit mes rêves d’enfant

Au profit d’un grade, en pensée, appétissant.

« Levé armes ! Feu ! »

Je suis le soldat qui de mon âme criblée ,

Vous présente mes excuses, oui ! Désolé,

D’avoir fait de vous, moi meurtrier ?

D’avoir fait de vous, non le soldat, le plombé.

Laroma – Chevalier de la Lettre Morte, Juillet 2018

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