Le clown

Le clown

Je racontais à mes petits enfants
L’histoire d’un clown
Qui travaillait dans le cirque du quartier
On l’appelait Bedoune
Lorsqu’il sautillait avec ses grands souliers
Fredonnait avec sa grande bouche maquillée
Et son minuscule chapeau rouge
Il n’était pas du tout drôle

Même les enfants ne riaient pas
Devant Ses trucs magiques
Son chien vert et ses milles ballons
Sa trombone et ses stupides sons
Tout cela Le rendait pathétique
Ses anecdotes et sa clochette qui sonne
Ne faisaient rire personne

Quand il perdait sa botte déchirée
Se dandinait sur son vélo rigolo
Mimait ses meilleurs numéros
L’applaudir, nul n’avait l’envie
Ses grimaces, ses bizarreries
Ses exploits acrobatiques
N’étaient pas du tout comiques

Son rôle, il ne le réussissait point
Avec le peu d’argent qu’il gagnait.
Il ne pouvait aller bien loin
Ce pauvre clown n’était pas du tout drôle
Il était fatiguait et sa coupe débordait

Se parlant à lui-même, il disait
Je vais un jour m’adresser à ces gens
Pour leur dire comment se sent un clown
Lorsqu’il n’est pas comique
Je leur expliquerai ma situation tragique
Le froid, la pluie, ma pauvreté, ma maladie
Pourquoi j’ai l’air morose
Pourquoi je ne vois pas la vie en rose

Ce grand jour arriva
Et voilà qu’après leur avoir raconté sa triste vie
Ses expériences, ses malchances
Son audience, qu’a-t-elle fait?
A-t-elle pleuré? Oh, non, non, non
Ils ont rit et chahutaient tellement
Qu’ils ont fait rire même les passants

Leur rire a parcouru les autres villes et continents
A duré des jours, des semaines et bien longtemps
Quand le monde riait abondamment
Le misérable clown courbé jusqu’à terre
Se lamentait, pleurait en sanglots sur sa misère

Quand je pensais que j’étais comique
Le monde me trouvait pathétique
Quand je pensais que sur mon sort ils avaient de l’empathie
Le monde se régalait et me trouvait fort sympathique

« À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ?
Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.” Luc 7, 31-35

Que ceux qui ont des oreilles entendent
La peine des autres
Que ceux qui ont un coeur de chair sentent
Le malheur des autres

Aida

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3 Commentaires
  1. EnvoleMoi 5 ans Il y a

    magnifique poème

    bravo

    tiens sous le poème…Y a “le vieux clown est mort”??

    bonne nuit

    EM

  2. Baguette 5 ans Il y a

    Très beau poème qio nous aide à réfléchir

    <merci Monsieur le clown pour cette belle leçon

    Bien amicalement

    • Auteur
      ayouda 5 ans Il y a

      Merci à vous pour vos commentaires. J’apprécie le temps que vous avez pris pour lire l’histoire de ce clown. Amities.

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