le clochard

le clochard

Sous un pont balayé par les vents d’hiver,

Se tenait rabougri, engourdi, un clochard.

Il lui arrivait de penser au confort des taulards,

Lui, un carton en guise de matelas, par terre.

Pour tout repas, les restes gras des poubelles,

Sa chopine pour allumer un feu intérieur,

Le réchauffait, lui apportait quelque vigueur.

Il se réjouissait de ce diner aux chandelles

Sur son dos certes pas de doux cachemire.

Une chemise rapiécée faisait bien l’affaire,

Un pantalon gris hérité d’un vieux notaire.

Il s’allongea sur son carton et se mit à gémir.

Il s’éveilla à la nuit noire ankylosé de froid,

S’enroula grelottant dans un sac poubelle,

Resserra les ficelles autour de ses semelles,

Enfila ses gants percés pour réchauffer ses doigts.

Il se rendormit d’un sommeil sans rêve,

Depuis longtemps ne croyait plus aux nues.

Il sentit sur sa joue une chaleur inconnue,

Qu’il prit pour un doux baiser d’Ève.

Ouvrant les yeux, il chercha dans la nuit

Ce qui venait ainsi le caresser si bien.

C’était un ami, bien plus humain, un chien.

Jamais il n’eut si chaud d’un amour gratuit.

Le chien le couvrit de sa bonne chaleur,

N’attendant rien en retour qu’une caresse.

Dans une étreinte désespérée se pressent,

Oubliant l’espace d’une nuit, la laideur.

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