le cheval de fer

Le cheval de fer

 

Le sentier matinal est encore solitaire,

Les graminées ondulent dans la fraîcheur de l’air,

Une phalène engourdie sous une fleur s’est posée,

Aux brindilles scintillent des perles de rosée.

L’atmosphère s’est emplie des bruissements du réveil

Quand, dans le paysage qui sort de son sommeil,

Comme enfanté par la lumière du jour nouveau,

Surgit à l’horizon, en son point le plus haut

L’étincelante silhouette d’un animal de fer.

Il est rapide, vif, puissant, à l’allure fière

Et toutes les herbes folles sur le bord du chemin,

Jeunes pousses, tendres bourgeons, dans ce clair matin,

Sont happées par le souffle du destrier brillant,

Tout étourdies par son passage vrombissant.

Si véloce, nul ne sait où sa course le guide,

Vers quel destin l’emmène son étoile limpide.

Ses yeux de topaze fixent sur l’horizon lointain

Un but si mystérieux, mais pour lui bien certain.

Il passe, assourdissant. Il s’éloigne, trépidant,

Ne laisse derrière lui qu’un écho, indifférent.

La monture de métal devient floue, s’évanouit

Dans la brume dorée qui a chassé la nuit.

Il reste simplement une trace impalpable,

Une légère empreinte qui s’efface dans le sable,

L’indistinct souvenir du passage affolant

D’un cheval mécanique en acier rutilant.

 

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