L’auguste marinier

Non loin de Besançon en pays Franc-Comtois
Sur un calme vallon dominant un vieux bois
A l’ombre d’une église inspirant la prière
Un triste amas de terre au cœur d’un cimetière

Porte le sceau des maux, des larmes, du chagrin
Là, repose à jamais celui dont le destin
Arrime mon passé au calice d’un songe
Tant de fraternité ne souffre le mensonge

Comme une abeille d’or à la fin de l’été
C’est le cœur attendri qu’il me faut déposer
Le bouquet de quatrains que son départ m’inspire
Avant que la pénombre engloutisse ma lyre

Je ne puis sans pleurer noter le moindre vers
Repenser à jadis pour moi devient pervers
Puisque de mon esprit un flot coule sans cesse
J’appose sur vélin l’éternelle richesse

Mûrissant l’épi d’or par lui je m’abreuvais
De ce père défunt épris du Nivernais
Le langage émouvant que le canal murmure
Avait bercer ses jours et forger sa nature

Son souvenir m’est cher c’est un soleil éclot
Hélas je ne saurais refréner un sanglot
Savoir que ce sépulcre inanimé des choses
Demeure son jardin où se fanent les roses

Le voir un seul instant suffirait à mon cœur
Le sentir près de moi comme au temps du bonheur
Un vieil accordéon en mon âme résonne
Son refrain languissant tristement m’emprisonne

Un soleil lumineux emporte au fil de l’eau
Un jeune marinier sur un joli vaisseau
J’empreinte au sable d’or où sa voile voltige
Les jours de son enfance et ma douleur se fige

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