Latifa au bal des enfers

Latifa au bal des enfers

 

Latifa, ma chère colombe diaphane,

Retiens mes souvenirs solennels, moins amers,

Tu resplendis en maîtresse au bal des enfers,

Fille de Cham brune comme cette soutane.

 

Les complaisantes épopées de notre temps

Effraient soudain l’horloge de ta jeunesse,

L’asile de ton cœur garde sa politesse,

Minerve s’envole derrière l’aile d’un cormoran.

 

Toi l’hétaïre chérissant l’amant compère,

Nymphe de l’épouvante enjointe pour le mieux,

Le génie étrenne tes longs doigts astucieux,

Dix éclairs feutrés par une passion légère.

 

Le siècle innocent implore quelque pardon,

Crépuscule ferme le volet de l’azur,

Mes mains bénissent ton corset, ce sein bien dur,

Inutile d’appeler la sagesse au clairon.

 

Ta liqueur ténébreuse offre un baiser mystique.

Puisse tes bras m’apporter leur tendre forfait !

Ton corps altier tel un galion sur mon trajet

Glisse contre ma vague, lui donnant réplique.

 

L’amour généreux déchire l’onctueux rempart.

Plaisir apocalyptique ou inavoué,

Tes hanches souffrent le registre modéré,

Trône de chair dont la beauté reste l’étendard.

 

Corbeau d’ébène côtoyant l’odeur lavande,

J’entends le timbre rugueux d’un pinson grisâtre,

Le brasier de tes yeux brûle toujours dans l’âtre,

Deux feux du Pacifique habités de légende.

 

Vaste panoplie futile sous ta faune,

Le talent nocturne demeure salvation,

Ses étoiles munificentes sont légion

Quand des larmes éblouissent ton visage d’icône.

 

R-F LEFORT (3/11/2009)

 

 

« Ce poème pourrait s’appeler Virginité »

 

 

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