La vérité en exil

“La Vérité en exil…”

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Une fois, j’ai rencontré la vérité…

Elle était une femme désespérée,

Perdue, triste et désemparée…

Prise en auto-stop, quelque part,

Une nuit,

Elle se présenta, à moi, sans fard,

Comme suit…

Je suis la vérité en exil,

Qui fuient les esprits serviles,

Explorant les parchemins,

Pour ennoblir leur destin…

Bannie par l’inconscience,

Je voyage mon itinérance

À la recherche de certitudes,

Et de quelques sollicitudes…

Je suis la vérité rejetée,

Que l’homme a dénié,

Avilie par les mensonges

Et les erreurs des songes,

Rêves égarés d’enfant, enfouis

Dans les cerveaux endormis,

À la recherche d’une juste raison

Pour revenir dans sa maison…

Je suis la vérité oubliée,

Chassée par l’absurdité

Des fausses déclarations

Clamés dans les salons

Des discours sans égard

Et du verbe en traquenard,

À la recherche de sincérité,

Et de quelques fidélités…

Je suis la vérité exilée,

L’honnêteté repoussée,

Écartée par le pouvoir,

Expédiée dans les mouroirs;

Vérité trop dérangeante,

Et souvent contrariante,

À la recherche de l’héroïque

Pour magnifier le politique…

Je suis la vérité évincée

Par la vertu incorporée,

Trafiquée par la conscience

Au nom de la sainte science,

Paroles devenues archaïques

Parce que non économique,

À la recherche d’un marché

Pour négocier l’authenticité…

Je suis la vérité en péril,

Sans adresse ni domicile,

Dont seulement on se sert,

Quand elle fait bien l’affaire,

Perdue dans les dédales

Des faux prononcés verbal,

À la recherche de lucidité

Pour confirmer la véracité…

Je suis la vérité qui cherche,

Celle qui se cherche,

Dans l’antre des questions

Sans cesse en discussion;

Celle qui toujours attend

Qu’arrive son espace-temps,

Pour libérer l’âme créative

Des intelligences captives

En somme,

Cher humain, me dit-elle,

Je suis la vérité en exil,

En quête d’un ainsi soit-il…

La vérité me faisait pitié…

Je l’ai alors prestement invité

À se laisser caresser;

À venir, chez moi, gîter

Pour partager le grand lit

De mon très humble écrit…

Elle me regarda, toute ébahie

Pendant qu’un long silence se fit…

Puis avec un air surpris, elle me dit:

“Débarque moi , ici,

Sur le bord de cette blanche page…

Je vois que tu n’as pas compris…

Ton intention n’est pas sage…

Car, on ne caresse pas la vérité,

Ni, on ne baise sa savante réalité…

Plutôt, on la protège pour mieux la servir;

On la fertilise pour mieux l’écrire;

Et on la cultive pour mieux la dire…”

Puis, sortant de mon écrit, elle ajouta:

Je préfère être un gros bon sens sans-abri,

Plutôt qu’une grande idéologie qui trahit….”

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