La Panthère de Saïgon

La Panthère de Saïgon

Des silhouettes s’agitaient

Sur des rythmes électro’.

Dans une salle close et enfumée

Saturée de sono’.

 

Quand soudain, elle est apparue.

Dans cette vague humaine,

Belle, insouciante et presque nue,

Elle dansait sur une scène.

 

Elle avait l’étrange beauté

Des filles du Mékong,

Les courbes fines et élancées

D’une précieuse jonque.

 

Son corps léger se balançait,

Sans pudeur et sans gêne,

Sur d’impossibles déhanchés

De transes africaines.

 

Sur ses formes, les spots envoyaient

Des reflets de métal.

Révélant les contours parfaits

D’une grâce idéale.

 

La lumière jouait sur sa peau,

Éclipsait le décor,

Dressait l’étincelant tableau

De sublimes accords.

 

L’air surchauffé m’étourdissait,

Embrouillait les images,

L’alcool que j’avais absorbé

Me grisait davantage.

 

Deux grands yeux noirs et exaltés,

Au regard animal,

S’accordaient à la cruauté

D’une femme fatale.

 

Venimeuse, elle changea ma vie

En un enfer maudit,

Aliénant mes jours et mes nuits

A ses moindres envies.

 

Son souvenir me hante encore,

Et je regrette bien,

Le jour terrible, où sur son corps…

J’ai posé mes deux mains.

 

Georges Ioannitis

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1 Commentaire
  1. Auteur
    Georges IOANNITIS 3 semaines Il y a

    Cette histoire est bien réelle mais n’est pas la mienne… la vraie fin est plus tragique encore. Celui qui aurait pu l’écrire était un ami australien, il rencontra cette fille originaire du delta du Mékong, l’épousa et se suicida deux mois plus tard.

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