La dernière nuit.

La dernière nuit.

La nuit d’ encre s’écoule sans bruit.

Il est deux heures du matin. L’octogénaire se lève , il n’a plus sommeil. D’ailleurs il sait de nouveau marcher comme autrefois. Un morceau de plastique lui pince les narines. Un tuyau d’oxygène.

«  Je n’ai plus besoin de cela » se dit il.

« Puisque je suis debout autant m’habiller. Et j’ai envie de bien m’habiller ».

Il ressort son vieux costume qu’il portait pour se rendre au bureaux de l’usine. Il était tout fringuant et distingué. Toujours aucun bruit à l’extérieur. Il attends assis à sa table.

«  puisque je suis habillé autant sortir ».

C’est chose faite. Mais il n’y a personne. Alors il décide de remonter toute la grande rue qui fait bien deux kilomètres. Sa respiration est matérialisée tant il fait frais. Mais il n’a pas froid. Il sent son dos se redresser au cours de sa marche. Toujours personne. Les commerces lui parlent etchaque façade à son histoire.

Ce boucher était compétent. J’ai souvenir d’avoir dégusté de fameux vins dans une cave ou ruisselaient des flots de charcuteries en partance pour les réceptions. La ventilation expulsait une forte odeur de viande anoblie… cette femme faisait les retouches et reprisaient tout ce qui pouvaient l’être . Son fils est mort, je m’en souviens c’était un brave garçon. Mon oncle lisait toujours ici son journal avec son café crème. Il a tant fumé qu’il a du jaunir la façade. Lui c’était une ordure. Il battait sa femme.

Arrivé au dernier réverbère, il constate que ce dernier est éteint. Une brume se rapproche petit à petit . Ses doigts s’engourdissent , il fait si froid ce matin. Il croit distinguer un visage face à lui. Enfin une personne qui pourra sans doute l’aider car son dos lui fait de nouveau mal et sa respiration se fait hésitante. C’est Hélène que le regarde. Hélène qui lui avait donné deux fils avant de s’éteindre il y a cinq ans après une longue vie.

« Tu me manques tellement Hélène. »

la vague blanche l’a presque recouvert.

«  j’arrive Hélène, j’ai fait ce que j’avais à faire, je peux maintenir venir à toi et me reposer. »

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