La ballade des perdus – François Fillon

 

La ballade des perdus” – François Fillon

(Pastiche de “la ballade des pendus” de François Villon)

Frères humains, qui pour nous votez
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci préparés, cinq, six :
Quant aux idées, que tous avons nourries,
Elle sont déjà corrompues et pourries,
Et nous, candidats pensons à en découdre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Si frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes honnis
Sans justice. Même si vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes blanchis,
Par Justice de la mère Patrie :

Pygmalion n’aura pu nous dissoudre.
Nous sommes forts, morale ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Le pouvoir nous a débués et lavés,
Et le FN desséchés et noircis.
Pire ! corbeaux nous ont dénoncés,
A arracher nos sigles pour fuir les soucils.
De tous temps de pognon nous nous sommes farcis

Puis çà, puis là, comme l’opinion varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Nous menaçant de l’infernale foudre.
Ne votez donc pour notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Nicolas, qui sur tous a maistrie,
Sache qu’en enfer ira ta seigneurie :
Aux primaires nous allons en découdre.
Electeur alors n’aura de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

  • Toute ressemblance avec des personnages existants serait fortuite !

 

Texte original :

Ballade des Pendus – François Villon

Frères humains qui après nous vivez
N’ayez les coeurs contre nous endurciz,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devoree et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s’en rie :
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre!

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas le sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transis,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d’oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A luy n’avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n’a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

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