Je m’appelais Oreille et elle Poupette

La petite histoire vraie des deux poupées de ma fille ainée décédée
OREILLE et MOMORE
Je suis assise sur le porte-bagage,
du vélo rouge de ma petite maîtresse
Elle s’appelle Poupette,
du moins c’est comme ça que sa maman l’appelle.
Je lui ressemble beaucoup, petite blonde au yeux bleus,
elle a quatre ans je crois ou trois
je ne sais pas exactement, et ça n’a pas d’importance.
Elle est gentille avec moi,
ma petite maîtresse qui porte une petite robe verte.
elle aime cette couleur,
la couleur de l’espoir comme je l’ai entendue souvent le dire.
Elle me promène, et je suis contente, je pense être sa préférée.
Tant pis pour toi Momore,
toi la jolie poupée de chiffon que tout le monde regarde.
Moi je suis petite, je ne peux pas bouger mes bras,
juste plier mes genoux.
et je porte une petite combinaison rouge pas extra.
ce n’est pas grave,
ma petite maîtresse arrive à m’asseoir sur cette bicyclette.
Elle me montre, me fait découvrir au monde,
je suis fière, oui fière derrière elle.
Dans sa chambre, elle me pose souvent sur son lit…
alors que Momore est assise
tant bien que mal sur l’étagère tout près des “playmobil”,
que son papa lui avait offerts pour un noël
car il voulait un garçon, et lui avait choisi ça comme cadeau.
Les chevaliers avec leur monture, se tenaient bien droits,
gracieusement près de la poupée de chiffon ,
qui me dédaignait, et ne voulait pas être amie avec moi,
Peu m’importait cela. Poupette me préférait à elle,
c’était sûr puisque c’était toujours moi qu’elle promenait.
Un jour elle avait emmené Momore à ma place,
mais les cheveux longs bruns de mon ennemie
s’étaient pris dans les rayons du vélo.
Momore était rentrée en pleurs. Poupette lui ayant arraché
une poignée de cheveux pour la dégager de sa prison.
Quelle mésaventure pour Momore la crâneuse,
sa belle chevelure toute ébouriffée.
Bien fait pour elle…
tu ne te poseras plus en conquérante désormais.
Poupette te délaissera et me prendra moi tout contre elle.
Moi sortie des bras de son oncle paternel,
et Momore de son oncle maternel.
Enfin on s’en foutait d’où on venait…
le présent seul comptait et être avec elle c’était le bonheur
Cette gentille petite fille-là faisait mon bonheur. Momore m’enviait.
Soudain j’avais pitié d’elle, Momore,
elle me semblait si fragile tout à coup avec ses cheveux courts.
Pauvre petite poupée en chiffon décousue,
pourquoi ne pas être amies ?
Poupette y pensa au même moment,
et nous emmena toutes les deux.
Momore et moi, mais pas sur son vélo rouge.
Non, là dans la petite poussette, ou habituellement elle y mettait la chatte.
Moi assise contre Momore j’étais heureuse,
Momore avait retrouvé sa simplicité de petite poupée de toile rembourrée
avec ses cheveux  mal coupés  et pas coiffés,
on allait bien ensemble, un beau duo de poupées
aux noms bizarres que Poupette
notre petite maîtresse nous avait affublé.
Momore pourquoi ce surnom ? On ne l’a jamais su, et moi?
J’entends encore le murmure de mon prénom,
prénom complètement absurde,
mais qui à la longue me rendait jolie, Oreille
Oui ma petite maîtresse m’avait surnommé OREILLE,
sûrement pour me chuchoter ses petits secrets…
Bien des années plus tard, j’étais encore assise, sur une étagère, mais seule
Plus de Momore. Plus d’habits. Mais toujours avec Poupette,
elle m’avait emmenée avec elle chez son compagnon.
Les années avaient passé, j’étais bien pâle, bien fatiguée,
et sans Momore avec qui parler,
Ma petite maîtresse me délaissait, et je mourais doucement !
Je vivais mes dernières heures près de Poupette,
son compagnon devenu fou me mit sur le tas de braises,
avec des papiers, des photos, des cartes postales, des disques.
Tout en me consumant lentement, je pensais aux heures avec celle qui me chérissait,
qui m’avait protégée de lui !
Ma vie de simple petite et vieille poupée d’enfance brûlait.
Poupette n’étant pas là a dû pleurer.
et je l’imaginais me sauvant des flammes ! Hélas elle ne vint pas.
Je m’appelais Oreille,
j’étais une petite poupée pour une gentille petite fille qui brûla ses ailes.
Pour un amour qui ne la méritait pas.
Poupette est assise sur son nuage blanc, et moi Oreille,
je suis assise, heureuse, près d’elle !
et je veille sur elle, comme elle a veillé sur moi,
quand elle me murmurait à mon oreille.
“Oreille tu sais, je t’aime, comme j’aime ma  maman !”
© annie…ninette195Ձ
mon gendre a tout brûlé ce que ma fille aimait pour l’assassiner après…
  • Vues1266
  • Aime0
  • Évaluations12345

©2021 Jepoeme.fr L'utilisation du site JePoeme.fr implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Règles de confidentialité

Aliquam consequat. efficitur. felis Aenean ipsum ut Praesent Lorem quis, leo.

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?