Greenwich Park

Sous la bruine légère d’un ciel que l’aube encombre

Un tapis de fougères s’éveille entre deux ombres

Quelques oiseaux ruissellent leurs chants entre les branches.

 

D’ici, les murs de lierre grignotent, un à un

Les plis de la rivière où l’écume en essaim

Cà et là par ses ailes s’élance en avalanche.

 

Mystérieux voyageurs, les corbeaux gémissants

D’un battement rageur s’envolent, jaillissant

Des clairières paisibles où dorment les vieux chênes.

 

Les longs bras dénudés de ces indolents sages

Laissent intimidée la brise de passage

Qui s’éprend, invisible, puis à leurs doigts s’enchaîne.

 

Il est là, tout autour. Hautain, il nous contemple

Perché, fier, sur sa tour ouvrant ses voiles amples

Le silence immobile repose en sa demeure.

 

Tricotés de fil d’or, dans leurs couloirs d’acier

Figés sur l’autre bord, s’engouffrent, suppliciés

Dans les automobiles, des complets qui se meurent.

 

Les trottoirs sourds s’emplissent d’une sombre marée

De passants en pelisse aux pensées égarées

Qui se croisent et s’échouent parmi les somnambules.

 

Sur cette berge, en face des jardins bienheureux

L’air délaissé s’efface, dévisage, amoureux

Le vallon serein où des enfants déambulent.

 

L’ondée, sèche, assoiffée, a vidé ses fontaines

Le ciel de soie coiffé chasse ses eaux lointaines

Les pigeons ont changé l’allée en abreuvoir.

 

On replie, hésitant, les parapluies de toile

Craignant de voir un temps sangloter les étoiles

Sur les pavés rongés, le long du déversoir.

 

Seul, assis sur un banc caressant l’horizon

Me voici embrassant les vents et les gazons.

Je détiens dans mes bras cette cité soumise.

 

Je suivrai cette mouette dans le sillage lent

Des avions, des girouettes, et, du pas des chalands

Rêverai sous les draps légers de sa Tamise.

 

Je serai soupirant de ses soirées de brume

Triomphal conquérant des aurores qui s’allument

Elle sera une femme, je serai son amant.

 

Le clocher retentit d’une envolée d’airain

L’hiver se repentit dans son froid souterrain

Ses glaciales lames pleurent d’un Avril charmant.

 

Je reviendrai bientôt, au temps des feuilles rousses

Oublierai les cristaux qui blanchissaient les mousses.

Les bosquets orangés m’accueilleront, ravis.

 

Ses parfums libérés fleureront, différents

Des essences sabrées de bois bruns odorants.

Elle n’aura pas changé, ma rose inassouvie.

 

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3 Commentaires
  1. REVEPOURPRE 3 ans Il y a

    quelle plaidoirie

    c’est riche divers et varié

    mais ça vaut la peine de s’arrêter

    bonne nuit

    RP

  2. REVEPOURPRE 3 ans Il y a

    NB…..il y a un nombre de posts à respecter par jour

    A moins que la règle ait été modifiée?

    RP

    • Auteur
      Olivier 3 ans Il y a

      Bonsoir revepourpre et merci pour votre passage sur ma page. Je me suis étonné justement de ne pas avoir trouvé un règlement qui limiterait le nombre de publications quotidiennes. Je me suis permis de publier sept premiers textes dans les deux jours qui ont suivi mon inscription, je pense en publier un par jour à partir de maintenant, pour plus de lisibilité et pour ne pas occuper trop de place, ce serait égoïste et malvenu !
      Merci pour vos messages !
      Olivier

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