Elle

– Elle –

 

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Poème pour Elle

 

Il y a quelques jours et une éternité
Je t’avais rencontrée, perdu dans ton visage
Et sur ta peau soyeuse, le temps s’est arrêté
Ton regard si immense comme seul paysage

Dans le bleu de tes yeux j’ai trouvé mon foyer
Le cœur en explosion dans un Amour unique
Dansant dans les étoiles, ton regard renvoyait
Dans un millier d’éclats, un Amour symphonique

Et nous dansions ensemble toi et moi à jamais
Sous des cieux parallèles et la lune éclatante
Enveloppait nos corps de bonheurs enflammés
Et nos âmes unies d’une aura envoûtante

L’un pour l’autre battaient, nos cœurs à l’unisson
Tu étais mon unique, j’étais toute ta vie
Et ainsi débuta notre propre chanson
Qui sut entremêler le désir à l’envie

Des jours puis des années nous ont portés vainqueurs
De l’espace et du temps, du monde et de l’histoire
Le destin nous comblait et unissait nos cœurs
Notre Amour s’envolant de victoire en victoire

Mon Amour, c’était toi ! Tu étais vraiment tout
Et notre quotidien, la routine engendrée
Sublimait notre vie à chaque instant, partout
Au lieu d’être un obstacle à la saveur cendrée

Mais pourtant mes névroses, ma muse et tous mes mots
Ont causé notre perte, comme une maladie
Qui nous aurait rongés, te causant trop de maux
Altérant lentement ta douce mélodie

Le déclin consumait notre Amour si précieux
Gangrénant notre idylle de cauchemars funèbres
Embrasant de ses flammes nos rêves et nos cieux
Te plongeant tout entière, mon cœur, dans les ténèbres

C’est alors qu’arriva ta froide trahison
Car oui, tu m’as trahi, tu m’as crucifié l’âme
Versant sur notre Amour un terrible poison
Lacérant notre couche d’une cruelle lame

Tu as assassiné notre propre maison
Détruisant notre monde, tout ce qui était nôtre
Fait de notre foyer une horrible prison
Déchiré notre histoire pour les beaux yeux d’un autre

Et tu m’as laissé seul sombrer dans le néant
D’une maison fantôme aux échos froids et vides
Les murs ensanglantés du sépulcre béant
M’étouffent, m’emprisonnent de silences livides

Et je tombe en enfer, dans un chaos sans fond
Où règnent la terreur, la souffrance brutale
Toute l’horreur du monde et son tourment profond
Qui font glisser mon âme sur la pente fatale

Abattu contre terre, dans la boue et le mal
Le cœur en combustion, l’essence torturée
Je hurle dans la nuit, dans un cri animal
Ma détresse et ma peine, ma douleur perforée

Et je rampe à tes pieds, les ongles déchirés
Sous les lunes muettes, je ne suis plus qu’une ombre
Les entrailles ouvertes, les espoirs enterrés
Je me traine et je meurs couché dans la pénombre

Dans mon esprit résonne comme un martèlement
Un comment, un pourquoi, quelle est cette violence
Qui t’a poussée à l’acte, à ce crime dément
Faisant de notre Amour un terrible silence

Comment est-ce possible, quel dieu ai-je offensé
Pour recevoir du ciel sa colère si dense
Pourquoi tant de souffrance, qui ai-je donc blessé
Pour mériter ce mal et cette décadence

Me reviennent alors dans un éclat exquis
Mille et un souvenirs, des centaines d’images
Sublimes et subtiles tels d’éclatants croquis
Légers et symphoniques, magnifiques hommages

Je retrouve les courbes de ton corps exalté
Je ressens la douceur de ta peau satinée
Sous mes doigts effleurant, chaque grain de beauté
Et toute la splendeur d’une nymphe incarnée

Je nous revois ensemble marchant main dans la main
Dans un bois, dans un pré, des villes étrangères
Un lac, une rivière, une route, un chemin
Nous étions mille endroits, mille vies passagères

Je revois ton visage, magnifique vision
Dont la beauté céleste fait pâlir les étoiles
Et ces yeux, ô mon dieu, une pure évasion
Deux astres océans, deux magnifiques toiles

Je nous revois danser un soir béni de mai
Sous ce kiosque magique aux lueurs argentées
Toi et moi dans la nuit, notre Amour enflammé
Nous unissions nos âmes à jamais envoutées

Et tu es là encore, je te revois partout
J’erre dans le néant qu’a laissé ton absence
Car tu étais mon monde, mon cœur, tu étais tout
Ma vie, mes jours, mes nuits, la pure quintessence

Ton âme était la mienne, mon cœur était le tien
Nous formions un ensemble, une unique personne
Nous étions toi et moi notre propre soutien
Jamais nous ne pensions que la défaite sonne

Parfois je sens encore ton parfum, ton odeur
Au détour d’une rue, au milieu de la foule
Je retrouve ta peau et toute sa splendeur
Cette saveur sucrée qui en moi se refoule

Soudain je nous revois marchant dans la forêt
Tes cheveux effleurant ta nuque, tes épaules
Je peux sentir ta peau, son arôme éthéré
J’erre sur une terre dont tes yeux sont les pôles

Qu’importe où je me trouve, de jour comme de nuit
Je suis à chaque instant hanté par ta présence
Tu es là depuis l’aube et bien après minuit
Toujours auprès de moi, cruelle complaisance

J’ai souvent essayé de t’oublier un peu
Oublier tout le mal que tu as pu me faire
Oublier ton visage mais cela ne se peut
De tous nos souvenirs je ne peux me défaire

Je ne suis qu’un jouet soumis à tes plaisirs
Tu as beau me détruire, me traîner à la tombe
Maintes et maintes fois si ce sont tes désirs
Je te reste fidèle et encore je tombe

Plus besoin de mentir, plus besoin de cacher
Ce que tu es pour moi, la vérité qui blesse
Tu peux m’élever l’âme ou bien me l’arracher
Tu es tout, mon enfer, mon éden, ma faiblesse

J’ai trop longtemps laissé mon esprit s’embrumer
J’accepte désormais ce que tu représentes
J’accepte d’être faible, j’accepte de t’aimer
J’accepte de te perdre, vérités écrasantes

Il n’y a plus de Nous sous les soleils couchants
Finis nos jours, nos nuits, le ciel qui nous rassemble
Jamais nous ne verrons Lily courir les champs
Jamais nous ne verrons nos mains vieillir ensemble

Notre route fut grande, notre Amour infini
J’aurais tant aimé vivre encore mille années
Pour être auprès de toi, être encore béni
Mais l’histoire est finie, les routes terminées

 

2

Paroles pour Elle

 

Qu’est-ce donc que ces paroles ? Sont-ce bien là mes mots ?
J’ai écrit de nombreux poèmes mais la plupart sonne faux
J’ai écrit bien trop de vers et j’ai l’impression de tourner en rond
Il faut donc que je m’en libère, que cesse leur oppression
Finis toutes ces règles qui ne sont que des barrières
Je veux des mots justes, profonds et sincères
Je t’Aime et je ne sais pas comment l’expliquer
Car mon Amour dépasse mes mots, ils sont souvent trop étriqués
Mon cœur brûle de ne pas pouvoir l’exprimer
Mon âme déborde, j’ai tant besoin d’extirper
Tous mes sentiments, toutes mes émotions, tout ce que je ressens
Alors désormais je n’écris plus à l’encre mais avec mon sang
Je veux l’essence, le vrai, ce qui coule dans mes veines
Alors voilà la vérité : je t’Aime

Je t’ai aimée le temps d’un bal puis de nombreux étés, de nombreux hivers
Et puis les jours banals qui étaient ceux que l’on préfère
Bien sûr il y eu ce mal dont on ne peut se défaire
Mais mon Amour était trop grand pour sombrer dans ce cratère
Je t’ai aimée dans un champ, tout près d’un cimetière
Je t’ai aimée dans les bois et sur des plages stellaires
Je t’ai aimée le premier jour et plus encore après le dernier
Je t’ai aimée tous les soirs où nos paroles étaient insensées
Je t’ai aimée chaque matin où ta peau était ma seule vérité
Je t’ai aimée dans le miroir de notre salle de bain

Je t’ai aimée depuis ta nuque et jusqu’au creux de tes reins
Je t’ai aimée sur la route et dans chaque pays
Je t’ai aimée sans aucun doute plus que ma propre vie

Et bien sûr il y avait tes yeux qui étaient tout mon monde
Et que m’en soit témoin les cieux, je me souviens de chaque seconde
Où l’on riait ensemble à s’en faire pleurer
Où l’on pleurait ensemble à en crier
Depuis le fond des nuits et jusqu’au bord des cils
À débattre sur la vie, sur le temps qui défile
Je me souviens de chaque baiser, de chaque caresse
Du goût de ta peau qui était mon ivresse
Je me souviens de ton parfum et chacun de tes gestes
Et notre Amour qui nous portait au-dessus du céleste
Je t’ai aimée au-delà de tous les mots
J’ai aimé tes qualités et plus encore tes défauts
J’ai tant aimé vivre accompagné de ta présence
Désormais je dois survivre en acceptant ton absence

Je te revois encore à travers ce foutu miroir
Je retrouve de tes affaires au fond de mes tiroirs
Parfois je confonds ton parfum et le mien
Souvent je te cherche pour retrouver mon chemin
Depuis longtemps, tout ce que je suis t’appartient
Parce que chaque atome de mon corps réclame les tiens
Parce que mon âme tremble quand j’entends ton prénom
Parce que tu es l’une des réponses à toutes mes questions
Parce que l’on fut un fragment d’éternité
Une seconde infinie dans nos destinés

Parce que la terre se souvient de nos pas
Parce que la peau se souvient de nos lèvres, de nos bras
Parce que nous étions tout ce qui compte
Parce que tout commence, tout vit et tout s’estompe

Mais je te retrouverai, dans ce monde ou dans un autre
Ou bien retrouverai-je un peu de toi dans les yeux d’une autre
Qu’importe l’espace ou le temps
Qu’importe quoi et quand
Qu’importe pourquoi et comment
Nous sommes poussières, nous sommes vents
Nous sommes toujours, nous sommes partout
Nous sommes mondes, nous sommes tout

Un dernier mot encore : merci
Merci pour ta lumière qui a enchanté ma vie
Merci pour cette bulle, ce monde parallèle
Merci pour cette route et ce « nous » immortel
Merci mon cœur, à toi qui restera « Elle »
Merci pour cette incroyable danse
Je laisse à présent notre Amour vibrer dans le silence

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