Descendre du singe (à la chevrotine)

Le singe est assis sur une souche

et son ombre est assise comme son ombre derrière lui

prête à le suivre, au cas où,

car les singes aussi sont suivis comme leurs ombres

par l’ombre des singeries.

A ses pieds,

le singe a posé une noix de coco

cueillie par lui

et à présent il cherche un bon plan pour ouvrir l’exotique trouvaille

car il la devine gorgée de lait

et comme son ombre est toujours là

vous en déduisez que le singe aussi.

C’est à ce moment là que l’homme arrive

mélange de ce qui se fait de mieux

dès lors que l’on sait s’attendre au pire

et derrière l’homme,

le suivant comme les manches suivent les pioches ou les chemises

l’ombre de l’homme le suit comme son ombre

ce qui emmène le singe à dire

sans s’offusquer de son manque de logique

“salut.”

ce a quoi l’homme répond, poli, en imitant la voix des singes diplomatiques

-salut, comment tu t’épelles, mon gros singe assis ?

-Kosto, et toi, porcin artifice de l’univers , quel est ton sobriquet civil ?

-GRoetengalatorzegoverjotunkovski !

-c’est joli, mais dis moi, humanoïde machiavélique, sais tu comment je pourrais ouvrir cette superbe boiserie robuste ?

alors l’homme regarde la noix de coco et la bosse sur le crâne du singe assis comme son ombre et réfléchit avec les trois milliards de neurones du génocide.

-d’accord, mon singe, je t’apprends à l’ouvrir si tu m’apprends à la cueillir.

-marché conclu, chromosome subtil…

 

alors l’homme emmène le singe chez le marchand de marteau

et apprend au singe à s’en servir

tandis que le singe, habile de ses mains et pas maladroit avec ses pieds

apprend à notre homme à grimper

pendant que le singe savoure sa noix de coco

à l’ombre d’un arbre suivi comme son ombre par l’ombre de lui

clairière étant le synonyme de paradis à en croire le druide zombi

pendant que l’homme se casse la gueule de l’arbre en gueulant

“putain, singe,  j’y arrive pas”

et comme le singe commence à en rire

notre bonhomme arrache le marteau des mains du singe

l’assomme

bouffe la noix de coco

vide un chargeur de son fusil de chasse

dans le crâne simiesque du singe groggy

et rentre en ville

en se persuadant qu’on lui a pas menti

“bien sûr que l’homme descend du singe !”

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2 Commentaires
  1. Lululamenteuse 5 ans Il y a

    à l’ombre de cette lecture, on se sent pousser des ailes de noix de coco,,,joli conte à rebrousse poils !

  2. Kashinas Laborgne 5 ans Il y a

    Tout ça pour un jeu de mot à la noix! Je parle de mon com bien sûr. Vu votre inspiration pour les primates, peut-être connaissez vous Monsieur Leloup qui avait tenté d’acheter une montagne d’Afrique pour y mettre des singes… Le plan avait échoué faute de santé mentale, n’empêche cela l’a musicalement bien inspiré, entre autre pour “Monkey suicide”. Un troc d’écoute contre lecture.

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