Démons

Le soleil, impuissant à m’inonder de rose,
Sombre dans les ténèbres ; d’ignominieuses choses
Masquent son vif éclat pour voiler mon esprit
D’un drap blafard et sale qui recouvre la vie.

L’ennui est ce serpent, nourri de lassitude,
Il a, en épousailles, baisé la solitude,
Avides de tourments, s’accordant à ravir,
De n’avoir, ici bas, que la nuit à chérir.

Je peux, pour cette fois, vous être nourriture !
Je vous offre mon âme et mon coeur en pâture.
Régalez-vous de moi, Ô monstres obscènes et sombres,
Il ne m’importe pas de n’être plus qu’une ombre.

Car je sais qu’au-delà de vos parfums immondes,
De vos cieux toujours noirs et leurs funestes ondes,
Je laisserai derrière ces abîmes morbides,

Pour cueillir la lueur de mes printemps radieux,
M’enivrer des couleurs d’un soleil généreux
Affamée de lumière et d’éther bleu, limpide.

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