Brocanteur

Brocanteur

J’ai ici un vieux cœur, un peu cassé, de la dentelle,
Et par là des sentiments, des souvenirs presque irréels.
Je garderai toujours en moi quelques vestiges de l’amour,
Des pensées et des orgasmes pour en user quand dort le jour.

Je recycle les frissons et parfois même les humeurs,
Simple brocanteur de l’amour, j’aime le sensuel et sa douceur.
Dans ma roulotte on peut trouver par milliers de doux soupirs,
Des sourires suspendus à des milliers de souvenirs.

Les sanglots sont ici et les rictus plus bas,
Les accolades, les baisers sont à l’abri non loin de là.
Au travers des nuages se dessine le chemin,
De la roulotte qui trimballe le cœur d’un vieux gamin.

Je pourrai offrir aux badauds, de belles phrases et de bons mots,
La prose qui naitrait soudaine serait pure et sans défaut,
Car dans mon dictionnaire des rimes qui prend de l’âge dans et qui vivote,
Ne vivent que des vers de joie, certains quatrains tremblotent.

J’ai ici un vieux cœur, rouillé par des larmes sans joie,
Qui dans le corps d’un brocanteur, dort sans se soucier du froid.
Demain il pourrait être vendu et je ne serais plus alors,
Le même homme qu’aujourd’hui, un peu plus riche mais sans essor.

Je fais le tour des brocantes, vide-greniers et braderies,
Pour tenter de retrouver des pièces pour me raccommoder.
J’assemble le tout et dépose le soir tard en mon musée,
Les pièces qui pourront, un jour me redonner vie.

Je tente d’assembler les rires avec la gaieté,
Et je survis aux vents qui chassent toutes mes envies.
Quand je flâne sur les marchés, qu’il est proche de midi,
Je nourris d’espoir les heures, qu’elles viennent en moi s’égarer.

J’ai ici un vieux cœur tout emmitouflé de passion,
Trop de poussière sur les dorures, sur les boulons trop de rouille,
Alors pour réparer cela, je nettoie tard, je fouille,
Dans les malles de mon passé, remplies de trop d’introspections.

Pour un brocanteur de l’amour mes tarifs sont abordables,
J’accepte les crédits, mais je préfère quand même le cash.
Toujours de bon ton dans mes rimes le soir bien souvent se cachent,
Un farfadet farfelu, un feu follet, le soir le diable.

Un brocanteur romantique qui n’a de passion que les mots,
Qui garde en lui les souvenirs qui survivront au futur.
Un brocanteur des temps modernes qui aime le vice et l’aventure,
Qui aime faire rimer ses verbes avec plaisir et demi maux.

Stéphane CHENEVAS-PAULE

Mars 2014 – 26 mai 2015

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