Le bel âge

Le bel âge

Quand le miroir renvoie des cernes et des rides
On songe au crépuscule et ses plaines arides,
On voudrait retenir d’anciennes pulsations
Qui chaviraient nos âmes et nos chères passions.

De l’expérience acquise au fil du temps enfuit
De la sagesse venue sur les désirs enfouis,
Que reste-t-il de nos amours, de nos envies ?

Le temps a fait son œuvre, et quoique bien rempli,
Le passé nous assène, sous le balancement
Du tic-tac infernal de l’horloge automnale,
Des vérités absconses sous des atours bien pâles.

Les souvenirs blanchis des joyeux ralliements
De nos jeunes années où nous étions alertes,
Les frasques insouciantes que le remord déserte,
Que du bonheur en somme consommé goulûment.

Au bel âge nous avons sagesse à revendre,
Mais point les acquéreurs de nos précieux conseils.

Ils mordent à belles dents dans des histoires tendres
Et le souffle des sages n’atteint point leurs oreilles.
Alors que reste-t-il à l’heure des bilans
Sinon le sentiment que l’histoire se termine,
Que la banalité a remplacé l’élan
Qui nous accompagnait et ravissait nos mines.

Quand on a de la chance, à l’automne des amours,
On peut compter sur lui, et s’appuyer sur elle,
Muse du temps jadis, que l’âge a rendu frêle,
Fidèle compagnon qui demeure toujours.

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