Aux ruines de nos vieux mondes

Bienvenue sur la terre, toi qui m’a fait parent,
pardonnes mes mots amers, mes tons belligérants.
Vois-tu : l’âme de tout homme, comme la tienne le sera,
se voit sujette, en somme, à des diables sans lois.

D’ici : des voix planquées aux masses du vieux beffroi
dont le verbe grossiers ignore le long trépas.
L’homme est un plomb fébrile de percer tous endroits…
au lieu des imbéciles : l’héritage n’est pas roi.

Parmi des bouches abjectes, on revisite encore
ce petit goût infect des défaites indolores
à ceux qui n’ont qu’ivraies pour fleurir leurs ogives…
leur Jean-Foutre Godet peut les foutre en lessive !

Mon vieux monde n’est pas feu, mais il n’est pas gratuit :
on le découvre vieux en des votes éconduis.
La mort germe d’un tort aux théâtres trop sûrs
où les raisons du fort font un règne d’ordures.

Sois bienvenue, bambi, aux ruines de nos vieux monde :
le rêve est un répit quand la bête est en ronde.
Apprends, cher nourrisson, qu’aux lacets de tous pactes :
le poids de la raison se dissocie de l’acte.

Aux périodes où boucons enveniment une nation :
parfois suffit un nom à vous mettre en prison.
Bienvenue sur la terre, jeune bouture ingénue,
et nul n’est trop austère pour atteindre son but !

D’ici : sourires conquis, alignés aux transepts,
et le savoir acquis d’en savoir faux adeptes.
La foi, un joyau mort qui ne meurt sans renaître :
une fois de plus encore elle n’a pas de diamètre.

Mon foie filtre toutes causes dont la bête régit l’axe,
l’âtre est mal qui s’arrose comme une ultime taxe…
s’il vient sonder nos coeurs, salauds comme acrolectes :
le premier régisseur pourra moquer l’insecte.

Mon vieux monde n’est pas sourd à la plainte des exclus :
on en fait pas le tour sans y trouver, ému,
de divergents décors à ces villes de pourceaux
où les mots de sages morts sont emplâtres pour sots.

Sois bienvenu, morpion, au seuil de nos vieux mondes :
de tous temps l’évasion fut fringale vagabonde.
Temps n’éprouve que vécu aux crachats des egos
et les mains des fourbus seront celles des bourreaux.

Pour leur faire prendre, obliques, aux hommes de tristes voies :
du ciment et des briques suffisent par quelquefois.
Bienvenue sur la terre, fournit ton garde-fou,
pries ce fou millénaire de ne rompre ton cou.

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