Au pied de mon arbre

Au pied de mon arbre

C’est un de ces aïeuls, la racine saillante,
Qui bien droit sur son tronc, affiche sa vigueur,
Et semble vous toiser avec un air moqueur,
C’est un chêne, empiétant sur une étroite sente.

Il vit là, sans souci, près d’un ruisseau qui chante,
Au milieu d’un bosquet pétillant de fraîcheur,
Et l’été, le touchant, je lui sens comme un cœur,
Puisant sous son écorce une sève abondante.

Notre amitié se greffe au rythme des saisons,
Et plus le temps s’écoule et plus nous nous causons ;
Je lui parle, en hiver, de campagnes fleuries,

Il me répond parfois en poussant un soupir,
Puis quand revient enfin l’heure des rêveries,
C’est à son pied, qu’en paix, je médite à loisir.

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26 Commentaires
  1. Baguette 5 ans Il y a

    Tpuchant poème à l’Arbre ami dans une nature havre de paix

    et de bonheur.

    Merci pour ce partage.

    • Auteur
      brunot 5 ans Il y a

      Merci Baguette

  2. lifesof 5 ans Il y a

    Merci pour cette belle poésie.
    lifesof

    • Auteur
      brunot 5 ans Il y a

      Merci Lifesof

  3. Felicia 5 ans Il y a

    Il me semble bien avoir mis un commentaire , il est supprimé
    puis-je savoir pourquoi ?

  4. Baguette 5 ans Il y a

    Je viens relire ce poème qui me parle. Très poétique, plein de charme

    la fin “Près de mon Arbre” me plait beaucoup

    Bravo et merci du partage.

    Avec sincérité.

    • Auteur
      brunot 5 ans Il y a

      Ah, ça me fait plaisir

      Surtout qu’il avait été très peu commenté ce poème

      Merci Baguette

      Amitiés
      Brunot

    • Auteur
      brunot 5 ans Il y a

      “Auprès de mon arbre” c’est une chanson de Brassens
      Bon, je sais que tu le sais

  5. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Prière

    Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras;
    Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
    Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
    Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
    Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
    Pour piller un butin de bien peu de valeur,
    Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
    Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?
    Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
    Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
    Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
    Plus du soleil d’été ne rompra la lumière.
    Plus l’amoureux pasteur sur un tronc adossé,
    Enflant son flageolet à quatre trous percé,
    Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,
    Ne dira plus l’ardeur de sa belle Janette
    Tout deviendra muet, Echo sera sans voix ;
    Tu deviendras campagne, et en lieu de tes bois
    Dont l’ombrage incertain lentement se remue,
    Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;
    Tu perdras le silence, et haletants d’effroi
    Ni satyres ni Pans ne viendront plus chez toi.

    Pierre de Ronsard

  6. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Ecoute l’arbre et la feuille
    La nature est une voix
    Qui parle à qui se recueille
    Et qui chante dans les bois

    Victor Hugo

  7. Mireille Masson 5 ans Il y a

    Bonsoir Brunot,

    C’est magnifique !
    Et j’aime particulièrement le rapport d’amitié entre l’arbre et le poète !
    j’ai envie, tout soudain, d’aller parler à ce chêne si sympathique.
    Je vote et j’allume les étoiles

    Amitiés
    Mireille

  8. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Bonjour Mireille

    Un beau Chêne avec, on peut imaginer, des roseaux au bord du ruisseau, qui lui tiennent compagnie, à l’abri de son feuillage

    Merci

    Amitiés
    Brunot

  9. IRIS 1950 5 ans Il y a

    Nous avons eu le même lieu de méditation. Bravo à vous Brunot pour ce bel écrit. Philéon et Baucis que je ne connaissais m’ont invités à essayer de leur écrire peut être leur histoire. Belle journée. IRIS

    • Auteur
      brunot 5 ans Il y a

      Bonjour Iris

      Écrire en s’inspirant de la belle histoire de Philémon et Baucis ne peut qu’être un vrai plaisir

      Brunot

  10. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Joachim du Bellay
    (1522-1560)

    SONNET

    Qui a vu quelque fois un grand chêne asséché,
    Qui pour son ornement quelque trophée porte,
    Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
    Dont le pied fermement n’est en terre fiché,

    Mais qui dessus le champ plus qu’à demi penché
    Montre ses bras tout nus, et sa racine torte,
    Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte
    Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché:

    Et bien qu’au premier vent il doive sa ruine,
    Et maint jeune à l’entour ait ferme la racine,
    Du dévot populaire être seul révéré:

    Qui tel chêne a pu voir, qu’il imagine encore
    Comme entre les cités, qui plus florissent ore,
    Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré.

  11. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Philémon et Baucis

    A leur mort, ils sont changés en arbres qui mêlent leur feuillage, Philémon en chêne et Baucis en tilleul.

  12. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    L’hiver s’est abattu sur toute floraison.

    Des arbres dépouillés dressent à l’horizon

    Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

    Guy de Maupassant

  13. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Il était une feuille

    Il était une feuille avec ses lignes
    Ligne de vie
    Ligne de chance
    Ligne de cœur.
    Il était un arbre au bout de la branche.
    Un arbre digne de vie
    Digne de chance
    Digne de cœur.
    Cœur gravé, percé, transpercé,
    Un arbre que nul jamais ne vit.
    Il était des racines au bout de l’arbre.
    Racines vignes de vie
    Vignes de chance
    Vignes de cœur.
    Au bout des racines il était la terre.
    La terre tout court
    La terre toute ronde
    La terre toute seule au travers du ciel
    La terre.
    Robert Desnos

  14. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    À la forêt de Gastine
    Pierre de Ronsard
    Couché sous tes ombrages vers
    Gastine, je te chante
    Autant que les Grecs par leurs vers
    La forest d’Erymanthe.
    Car malin, celer je ne puis
    A la race future
    De combien obligé je suis
    A ta belle verdure :
    Toy, qui sous l’abry de tes bois
    Ravy d’esprit m’amuses,
    Toy, qui fais qu’à toutes les fois
    Me respondent les Muses :
    Toy, par qui de ce meschant soin
    Tout franc je me délivre.
    Lors qu’en toy je me pers bien loin.
    Parlant avec un livre.
    Tes bocages soient tousjours pleins
    D’amoureuses brigades,
    De Satyres et de Sylvains,
    La crainte des Naiades.
    En toy habite désormais
    Des Muses le college.
    Et ton bois ne sente jamais
    La flame sacrilège.

  15. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    L’arbre
    Emile Verhaeren

    Tout seul,
    Que le berce l’été, que l’agite l’hiver,
    Que son tronc soit givré ou son branchage vert,
    Toujours, au long des jours de tendresse ou de haine,
    Il impose sa vie énorme et souveraine
    Aux plaines.
    Il voit les mêmes champs depuis cent et cent ans
    Et les mêmes labours et les mêmes semailles ;
    Les yeux aujourd’hui morts, les yeux
    Des aïeules et des aïeux
    Ont regardé, maille après maille,
    Se nouer son écorce et ses rudes rameaux.
    Il présidait tranquille et fort à leurs travaux ;
    Son pied velu leur ménageait un lit de mousse ;
    Il abritait leur sieste à l’heure de midi
    Et son ombre fut douce
    A ceux de leurs enfants qui s’aimèrent jadis.

  16. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    suite

    Dès le matin, dans les villages,
    D’après qu’il chante ou pleure, on augure du temps ;
    Il est dans le secret des violents nuages
    Et du soleil qui boude aux horizons latents ;
    Il est tout le passé debout sur les champs tristes,
    Mais quels que soient les souvenirs
    Qui, dans son bois, persistent,
    Dès que janvier vient de finir
    Et que la sève, en son vieux tronc, s’épanche,
    Avec tous ses bourgeons, avec toutes ses branches,
    – Lèvres folles et bras tordus –
    Il jette un cri immensément tendu
    Vers l’avenir.

  17. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    suite

    Alors, avec des rais de pluie et de lumière,
    Il frôle les bourgeons de ses feuilles premières,
    Il contracte ses nœuds, il lisse ses rameaux ;
    Il assaille le ciel, d’un front toujours plus haut ;
    Il projette si loin ses poreuses racines
    Qu’il épuise la mare et les terres voisines
    Et que parfois il s’arrête, comme étonné
    De son travail muet, profond et acharné.

  18. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Suite

    Mais pour s’épanouir et régner dans sa force,
    Ô les luttes qu’il lui fallut subir, l’hiver !
    Glaives du vent à travers son écorce.
    Cris d’ouragan, rages de l’air,
    Givres pareils à quelque âpre limaille,
    Toute la haine et toute la bataille,
    Et les grêles de l’Est et les neiges du Nord,
    Et le gel morne et blanc dont la dent mord,
    jusqu’à l’aubier, l’ample écheveau des fibres,
    Tout lui fut mal qui tord, douleur qui vibre,
    Sans que jamais pourtant
    Un seul instant
    Se ralentît son énergie
    A fermement vouloir que sa vie élargie
    Fût plus belle, à chaque printemps.

  19. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    suite

    En octobre, quand l’or triomphe en son feuillage,
    Mes pas larges encore, quoique lourds et lassés,
    Souvent ont dirigé leur long pèlerinage
    Vers cet arbre d’automne et de vent traversé.
    Comme un géant brasier de feuilles et de flammes,
    Il se dressait, superbement, sous le ciel bleu,
    Il semblait habité par un million d’âmes
    Qui doucement chantaient en son branchage creux.
    J’allais vers lui les yeux emplis par la lumière,
    Je le touchais, avec mes doigts, avec mes mains,
    Je le sentais bouger jusqu’au fond de la terre
    D’après un mouvement énorme et surhumain ;
    Et J’appuyais sur lui ma poitrine brutale,
    Avec un tel amour, une telle ferveur,
    Que son rythme profond et sa force totale
    Passaient en moi et pénétraient jusqu’à mon cœur.

  20. Auteur
    brunot 5 ans Il y a

    Suite et fin

    Alors, j’étais mêlé à sa belle vie ample ;
    Je me sentais puissant comme un de ses rameaux ;
    Il se plantait, dans la splendeur, comme un exemple ;
    J’aimais plus ardemment le sol, les bois, les eaux,
    La plaine immense et nue où les nuages passent ;
    J’étais armé de fermeté contre le sort,
    Mes bras auraient voulu tenir en eux l’espace ;
    Mes muscles et mes nerfs rendaient léger mon corps
    Et je criais : » La force est sainte.
    Il faut que l’homme imprime son empreinte
    Tranquillement, sur ses desseins hardis :
    Elle est celle qui tient les clefs des paradis
    Et dont le large poing en fait tourner les portes « .
    Et je baisais le tronc noueux, éperdument,
    Et quand le soir se détachait du firmament,
    je me perdais, dans la campagne morte,
    Marchant droit devant moi, vers n’importe où,
    Avec des cris jaillis du fond de mon coeur fou.

    Emile Verhaeren

    • Auteur
      brunot 5 ans Il y a

      Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers (Belgique), le 21 mai 1855 et mort (accidentellement) à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d’expression française.

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