Atocha.

Déflagration puis silence assourdissant.
Nuages de poussière.
Eclats.
Effondrement.
Sirènes tonitruantes.
Gare d’Atocha, jour de printemps.

Sur le trottoir devant la plaie béante de l’arcade de l’entrée, un cratère.

Comment ne pas rester muet devant tant de chagrin qui dégouline des pans de murs transpercés

Comment supporter les tourbillons obscurs qui hantent les tunnels éventrés?

Comment étouffer ses hurlements de révolte qui fissurent l’âme?

Vies fracassées, avenir éparpillé, enfance déchiquetée, innocence immolée.

Déjà des bouquets, des messages maladroits griffonnés à la hâte, des dessins d’enfants, des petits ours en peluche, des lumignons.

Recueillement, clameur intérieure ou cris stridents.

Emeute d’émotions devant le trou béant de l’absence, feu dévorant du deuil, douleur incandescente, larmes qui ne peuvent plus perler tant les yeux ont pleuré.

Comment nommer l’innommable, mesurer la désespérance du vide?
Lancinante obscurité.
Ombres insidieuses.

Pourtant, une flamme fragile lutte contre le vent du néant.
Pourtant, des mains s’empoignent, des doigts se serrent en silence, des épaules s’offrent aux sanglots.
Pourtant, de ces cendres, renaîtront des futurs.

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2 Commentaires
  1. ÖdeLa 4 mois Il y a

    Hélas …ce texte pourrait s’intituler ” attentat au Sri Lanka ! Comme quoi on reste tjrs ds l’actualité et on monte tjrs plus fort et plus haut ds l’horreur ….votre texte ne laisse pas insensible !!!

  2. Auteur
    Yves Gheysen 4 mois Il y a

    Merci de votre commentaire! En effet, le ‘monde ‘ est fou dans l’horreur…pourvu qu’il nous reste l’espérance qui nous fera croire dans l’Homme.

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