Arrêt sur image.

Je crois que je commence à comprendre. Du moins certaines choses peuvent s’expliquer. Toutes ces pensées qui me parasitent, elles sont liées à mon entourage, à mes souvenirs, à mes émotions, à mes pensées.
Alors je décide me refermer sur moi-même, entre ces quatre murs et tout cela s’aggrave. Les pensées s’agglutinent dans mon esprit, elles fusent telles une pluie d’étoiles filantes sur un océan déchaîné et je suis là, au milieu de tout ça. Seul sur un petit bout de roche. À contempler ce cataclysme à la fois cruel et poétique. Perdu entre mélancolie et nostalgie. Le sentiment d’être piégé dans une bulle de souvenirs qui flotte au dessus du Monde, au dessus de la vie en général, sans pouvoir être capable d’avancer. De briser cette dernière, de poser un pied sur la terre ferme, de sentir à nouveau la rosée du matin sous mes orteils. Je contemple à travers mes rêves, qui deviennent des cauchemars lorsque pointe l’aube à nouveau, la vie telle que je l’aurai aimé, telle que j’aurai pu la vivre parfois, si seulement je ne l’avais pas saboté de mon plein gré. Et à cet instant, je m’effondre une énième fois. Je tombe dans une immensité d’horreurs et de solitude. Un espace vide. Ou même les cris, hurlements n’émettent aucuns sons. Ma voix se perd dans l’écho du vide.
Des regrets. Si jeune et d’énormes, énormes, énormes regrets… si seulement tout avait pu être différent. Et voilà qu’aujourd’hui des fantômes de mon passé, reviennent pour me hanter, pour me montrer, non pas dans mes rêves mais bien dans la réalité, cette fois, ce que j’ai brisé, ce dont je me suis privé. Et Dieu que c’est douloureux. Ces pierres lancées dans le miroir de ma vie, ne laissant aujourd’hui que des bouts de verres sur lesquels se reflètent des bribes de bonheurs passés et sur lesquels je viens me couper. Ce sang qui est le mien tombe et s’écrase avec tant de douleurs et fracas sur le sol. Il ne reste là que la morsure de mes erreurs sur ma chair nécrosée.
Je n’ai jamais été très fort psychologiquement mais j’ai l’impression de ne pas m’en sortir. Je ne sais plus du tout où j’en suis, ce que je dois faire. Partir ? Recommencer à zéro ? Possiblement oui mais le problème ne sera-t-il pas le même une fois arrivé sur un nouveau continent ? Ne vais-je pas à nouveau me perdre dans des histoires sans fin ? Arriverai-je un jour à redevenir ce garçon ” lumineux ” ailleurs qu’au travail ? Vais-je un jour lâcher ce pot de dissolvant qui m’accompagne, dont je laisse vider le contenu sur ma vie, chaque jour pour enfin utiliser ce pinceau et cette palette de couleur pour en ajouter tout autour de moi ? Cette page vierge qui s’étend à perte de vue, aura t’elle, un jour, un portrait avec un regard qui me sous entendra de le suivre ? Jusque-là ton visage n’a été qu’esquisses, ratures, déchirures, regrets, brûlures et douleurs. Sera-t-il différent un jour…arriverai-je à laisser danser ce crayon sur le papier pour te faire à nouveau apparaître…                           Cette valse connaîtra-t-elle un autre orchestre que celui destiné à mon tourment?
Y aura-t-il un jour une fin à ce poème ? L’encre coulera-t-elle encore longtemps pour que tu comprennes ?
Tant de questions qui s’enracinent autour de mon coeur. Mon corps nu est piégé dans cet amas de ronces. Je ne sais plus vers qui, quoi me tourner, pour à nouveau souffler. Quelle est la solution ? Je pourrai écrire encore longtemps, me perdre dans des mots et des envolées lyriques mais écrire pour ”gagner du temps” n’est pas non plus la meilleure des solutions. Il est temps de mettre fin à ce voyage au coeur de mon désespoir.

 

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