Alexis et Maxime

Alexis et Maxime

Trois ans et demie, la maternelle l’appelle
Sept mois petit bébé demain, pourra ouvrir ses ailes
Nos enfants sont si grands qu’ils s’en vont loin de nous
Pour apprendre le monde et nous raconter tout.

Même dans tous leurs pleurs même dans toutes leurs larmes
Leur amour grandi, pour la vie ils s’en arment.
Ils s’amusent de courage, leur indépendance née
Là où il y a vingt ans, la nôtre s’est révélée.

Uniformes identiques la maternelle enseigne
Elle enlève mais donne, elle éduque sans haines.
« J’veux pas aller à l’école », « vélo vert et jaune ».
« A pa pa », « a bla blé » petit homme m’étonne.

Hier j’avais vingt ans, je jouai aux legos
A construire mon monde que je voulais voir beau.
Aujourd’hui dans ce monde mon cœur pleure de grandir
Et le soir dans le noir, il en pleure de désir.

Comment devenir adulte alors que je grandis
Quand je revois ces classes où hier, j’étais assis.
A apprendre des chants, à voir des couleurs
A mélanger les mots et apprendre mes pleurs.

Le matin chez les jaunes, c’est être le roi du monde
C’est être le plus grand, à toutes les secondes.
Etre assis sans bouger, écouter, réagir
Apprendre tout du monde qui te verra vieillir.

Ton frère est fier de toi, il te regarde d’en bas
Tu le fais rire sourire, il ne jure que par toi.
Vous serez deux copains sur la route de l’école
Et la main dans la main et vos cœurs qui s’envolent.

Esteban
06 09 04

Alexis et Maxime,

Douze ans, ses humeurs m’interpellent,
Presque seize ans, s’ouvrent ses ailes.
Nos enfants sont si grands nous pensons défaillir,
Mais la lutte est si longue. Nous nous devons d’agir.

Même dans leurs humeurs, même dans leurs larmes,
Leur amour s’habitue à subir mille drames.
Ils s’amusent bien moins et rentrent dans un moule,
Sont des « copié-collé » de mélancolie qui saoule.

Uniformes identiques, coupes de cheveux sans peigne,
Téléphones et tablettes, cafard et teigne.
Je suis malade car la console est neuve,
Tu veux que je vomisse ? Tu veux une preuve ?

Hier, j’avais quarante ans et j’allais au boulot,
A construire un monde que j’imaginais beau.
Aujourd’hui dans ce monde mon âme tente de grandir,
Et le soir dans le noir, elle se sent défaillir.

Comment devenir adulte alors que je grandis,
Quand je revois ces classes où hier, j’étais assis.
A apprendre des chants, à voir des couleurs,
A mélanger les maux et maîtriser mes peurs.

Le matin au collège, au lycée ou ailleurs,
La vie continue et se durcit le cœur.
De journées trop remplies en journées bien trop vides,
Se déroule le temps. Les secondes vous guident.

Ton frère est…ton frère, du même sang que toi,
Maxime et Alexis, mes enfants, mes rois.
Alexis et Maxime, ma chair, ma vie,
Apprenez à vous aimer, ne perdez pas de temps.

Stéphane CHENEVAS-PAULE
Nice le, 13 02 17

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