A une beauté vieillissante

Pourquoi courir, ma demoiselle,
Après un temps perdu de vue
Qui gardait vos fraîcheurs nouvelles ?

Riez plutôt des ingénues
Qui font de vous, belle mortelle,
L’étoile des hommes perdus !

Pourquoi rêver, douce doyenne,
De l’âge maudit où vos yeux
Dardaient une lueur vaurienne ?

Ils brillent aujourd’hui bien mieux,
De mille flammes souveraines
Dans leur orage silencieux.

Pourquoi, enfin, dans les nuées,
Vous refuser à l’astre antique
Dont vous empruntez la beauté ?

Vous possédez son teint mystique,
Et vos rêveries éthérées
Baignent dans sa clarté cyclique.

Je suis tout aussi las que vous,
Ma dame aux lentes agonies,
En voyant sombrer dans l’égout

La jeunesse d’un Temps flétri,
Qui fane et laisse pour bijou
La bague rouillée de l’Ennui ;

Mais votre image me rappelle
Qu’un tel anneau peut révéler
Des puretés intemporelles,

Lorsque j’entends, fendant d’un trait
Le lourd silence des ruelles,
Votre sagesse fatiguée

Pousser un soupir alangui.
Pourquoi chercher, par vos échos,
A rappeler le Temps qui fuit ?

Vous êtes née bien assez tôt
Pour enseigner à mes amis
Que l’Ancien sublime le Beau.

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