A nos Fils et nos filles

Ô temps ! N’efface pas des mémoires les pleurs,
Que personne ne veut affouiller chez le jeune,
De ces enfants nourris, qui sont sans nulle peur,
Leur enfance éblouie n’a nul besoin de jeûne !
Leurs moments où ils ont un quelconque souci,
Ne peut point altérer leur sourire et leur grâce.
Même s’ils vieillissent rien ne sera flétri,
Et le peu d’aujourd’hui ne sera pas disgrâce.
L’enfant de la guerre quant à lui trouvera,
Chez toi, en ton siècle, le souvenir d’une ère
Où l’on est attentif quant à son embarras !
Ô ! Toi le poète conserve bien en serre,
Ce qu’est ta poésie, arrêtant les conflits,
Ces combats si abjects où l’homme s’entre-tue…
Ne jette pas ce don qui t’échoit de l’esprit,
Mais sème à tous les vents l’altruisme vers les nues !
L’homme doit se saisir du rameau d’olivier,
Écarter le manant qui l’œil mi-clos guette,
Avançant ses deux mains pour gripper et spolier,
La jeunesse des peuples et la rendre obsolète !

J’ai vu dans les lueurs, ne se souciant du temps,
Des hommes, des femmes, passifs passant la rue…
J’ai vu dans la clarté du ciel, des mains tendues
Comme en songe, j’ai vu, la laideur à plein-temps !
Au reste, nature s’activait à l’invite,
Un message d’amour en bouche, voix haute s’élevant.
Ne s’inquiétant guère du temps et ne l’évite,
Elle s’active encor ce jour, peu l’observant !
Des oiseaux chantent en chœur en tenue nouvelle,
La mélodie d’amour, du partage, du bonheur,
Leurs voix escaladent l’aria universelle,
Pour se jucher plus haut, mieux tomber en ardeur,
Sur les esprits des sages, édification forte !
Si donc à ces enfants nous leur donnons l’amour,
Pour eux nous dessinons une reprise accorte.
Pourquoi la jeunesse déchirée à ce jour ?
Pourquoi la jouvence meurtrie est ignorante ?
Il serait au combien plus probant de bâtir,
Des lendemains chantants, hors ils ont l’aube absente.
Il faut que cela cesse, maintenant en finir !

Je connais un des leur, un de ces romanesques,
Qu’a-t-il eu en sa vie ? Larmes et déchirements,
Horizons et visions aux troubles le menant…
Confusion et douleur, amour cauchemardesque !
Stratégie édifiante, pour ce faire, des plus vile,
Qui est responsable ? Qui porte la couronne ?
L’histoire en témoigne, elle est très volubile,
L’humain en bataille, le voici qui canonne…
Moi, je ne suis qu’un homme qui dit ce qu’il en est,
Je n’ai plus le désir d’un style si implexe,
Seulement quelques mots trempés aux ruisselets,
De ces rus apportant l’eau fraîche sans complexe !
Croyez-moi oui bien sûr, tels d’autres, ce petit
Reflète en son regard une grande révolte,
Qui oserait blâmer cet air de non-brebis,
Cet usage frondeur, allure désinvolte ?
Il doit former son œuvre en ce grand univers,
Or, qui lui a donné l’instruction comme base ?
Dès le départ son socle est au diable vauvert,
Son savoir est tronqué, il n’entre pas en case !

Chaque jour le soleil inonde cette terre,
Où mon âme apparut aux frontières !
Hélios alors berçait mes yeux loin du Talmud,
Dieu veillait à la marche, afin que rien n’altère
Mes sillons esquissés ! Mais le coup d’un fatum,
Un de ces aléas qui, de votre bonne étoile,
Vous coupe de la voie menant loin d’erratum !
Celui-ci fut fatal aux layons de ma toile,
Vie inscrite en mes gènes de ce pays de l’Est…
Pays loin de la mer, de son orée sableuse.
Pays aux hivers froid et aux contes digest !
Pays aux étés chauds, cette chaleur trompeuse,
Enivrante au début, étouffante à la fin !
Il en est de même la nuit au clair de lune,
Elle montre sa robe, puis sa toge de lin,
Les étoiles sont folles, le ciel, lui, en fortune !
Son sourire de satin lui donne la stature
D’un astre, que la nuit rétribue en son lieu.
En son paysage, ses paupières s’obturent,
Comme pour mieux guetter la grande bleue !

Un jour donc, la faucheuse en faction supprima,
Oui, elle ôta la vie à l’être qui m’est chère,
Elle devint rougi du sang chaud de ma mère !
Dans la ville là-bas gît son corps délicat,
Et moi ici, je pleure et j’angoisse du vide…
Elle aurait dû être le roc de ma vigueur,
La voici inerte, sans voix, aucune ride,
Ne vient troubler l’indice ou l’endroit de son heurt !
Et pas un souvenir n’a été en réserve,
Mnémosyne a rejoint l’Olympe pour n’être plus !
C’est en vain que cherche mon cœur qui me préserve,
Il y a ce néant que je n’ai jamais su !
Ces matins odorants les caresses maternelles,
Mère, Maman, doux mots à jamais prononcés,
Dans le cadre de joie, comme une ritournelle,
Avec ces rivages de bonheur encensé !
Dans la mort les prairies de joie se sont gardées,
Les arias des oiseaux se taisent au sein des buis,
A l’intérieur de moi, véritable trouée,
Le conscient a péri ou bien il s’est enfui !

La lumière du jour en degré se décline,
Pourquoi aimer l’astre qui meurt comme Phénix,
S’en revenant renaître au jour, dès les matines ?
A l’Est rien de nouveau, par-delà du Styx,
Ils me l’ont gardé, ce héros, en Asie !
Quel prix ai-je payé ? Bien encore aujourd’hui !
Je suis las des rappels qui épuisent ma vie,
Si bien que je m’enfonce en cette heure sans un bruit…
Le guerrier est couché en la terre inconnue,
Sa mémoire se perd à jamais aux confins,
Le Walhalla renie, oui, jusqu’à sa venue…
Ai-je seulement dit : père, papa, enfin,
L’ai-je pris dans mes bras ? Exécrable est la guerre !
L’aube est pleine de raies, à chatoyer les yeux,
Mirant cette fusion aux éclats d’aurifère,
Une question se pose où ce soldat, ce preux,
Oui, où a-t-il conté ses exploits de bataille ?
Pas un mot de sa bouche, mais silence est sorti,
Drapé dans l’inconnu, il gît, sa gueule bâille,
Me voici orphelin, mes yeux sont abêtis !

Au fond de mes gloses, ma mémoire s’englue…
Comme des fleurs buvant l’eau du vase en cristal,
Suivant que leurs gemmes fleurissent en récital,
Mes souvenirs se grisent des origines accrues !
Leurs effluves atteignent mon esprit et mon corps,
Me laissant assécher, me suçant toute ma moelle.
Je prétends à ce temps pour retrouver le port,
Ce havre de répit aux joyeuses nouvelles.
Aux confins de moi-même, le temps d’y submerger,
Me voici un enfant égaré, prit au piège…
Ces rets qui vous leurrent finissant par peser,
Répandant au dehors leurs odeurs sacrilèges !
J’en ressorts en garçon, mal-aimé, en colère,
Sa vie finit sa ruine alors qu’il veut guérir.
L’envie des sonneries en claires dianes désespère,
Son essor est suivi d’un style à tout meurtrir !
Combats entre le corps et l’esprit, luttes acerbes…
Je suis cet enfant là, éphémère et fuyard,
Car je suis cet enfant au vécu superbe,
Où tous les mots des maux sont des termes égrillards !

Les nuages en ciel clair sont blancs pour me distraire,
Aujourd’hui les tiroirs tendent à se refermer,
Pourtant au grand jamais, je n’ai pu y extraire,
La moindre semence, le temps à recréer,
Il est là ! Quant à moi, je suis un inhabile…
Partage des pensées, à la divulgation,
Dans sa pure expression, un grand gouffre annihile
La mémoire des jours de mon apparition.
Où sont donc ces beaux temps ? Temps à tout comprendre,
Temps de bien renaître, saisons à se mouvoir ?
Pourquoi aime-t-on tant à se faire bien entendre ?
Mais l’amorce est vide, je ne puis m’émouvoir,
Le soleil qui se lève est un début d’attente !
Mais ne sommes-nous pas fasciné par les fins ?
Par exemple, un film, sa fin tonitruante,
Ou bien une énigme élucidée enfin.
Tous les débuts sont là pour donner une ligne,
Après la fin du film, le monde continu,
Il faut juste écrire sur la page tous les signes,
Qui tous nous ramènent au réel si bien connu !

Où sont mes indices, pour que se précipitent,
Les mots et les phrases du minutier d’antan ?
Oui, l’oiseau que je suis se perd dans l’océan,
Plus rien qui me protège et plus rien qui m’abrite,
Démêler, ériger, alors que rien n’est là !
Oh ! Il est vrai, bien sûr, aux visites des semblables,
Les uns m’ont dit ceci, les autres encor cela,
Où faire distinguo de tous ces publiables ?
Je n’attends rien d’autrui, il me reste la nuit !
Brouillards, ombres et troubles sont là le lot de l’aube,
Au réveille, les rêves et les désirs ont fui.
Les oiseaux nocturnes camouflés en leurs robes,
De leurs yeux tout est vu, tout y est bien perçu !
A moi rien n’est donné, l’oubli, seul lui me reste,
Si bien que dirais-je ma foi, je suis confus,
Car le temps s’effaçant, ne demeure aucun geste !
De toutes ces guerres, toutes sont un enfer,
Elles escortent l’oubli, l’extinction de l’espèce,
Je suis là au milieu, je vis, mon cœur se sert,
Le néant en l’esprit use le peu sans cesse !

Pourtant, il existe dans la vie des jours bleus ?
De ces moments heureux où des regards émergent !
Près des bords de ruisseaux, l’onde renvoie le peu
Des splendeurs en offrandes, oui, tout près de leurs berges.
Les effets de couleurs, entourés par les fleurs,
De ces senteurs des bois, de ces vastes prairies,
Instants simples de vie, instants de vrai bonheur !
Ces moments de fraîcheur font fuir toutes folies,
Car faisant le grand saut, le cosmos ne se meurt.
Nos actes réfléchis ébranlent tous les ciels de grisaille !
Il s’agit de grands cris poussés contre les heurts,
Des adultes allumés par leurs grandes batailles.
Vaincre sans aucune arme avec pour seul motif,
La pose en l’avenir non pas l’attente vaine
Mais tout le réconfort ayant pour génitif,
L’essence de l’amour et que bonté soit reine !
Recherchez ce qui est, jamais ce qui paraît,
Quand un mot chante en moi, c’est afin d’être en crue,
Pourquoi détruiriez-vous les pactes d’un seul trait,
Empêcher colombe à voler vers la nue ?

Je ne suis pas venu pour vivre en privilégié,
Je reste envers vous dur comme le bois d’ébène !
Si, de vous présenter les bouquets sur la scène,
Il arrive d’esquisser l’habit de fausseté,
Je ne serai de ceux qui assistent aux agapes !
Les poèmes pour moi ne sont pas un moyen,
Mais manières plus sûre et noble que les papes.
Sans rien trahir ici, le crissement des liens,
Ils m’ont laissé au cœur des clameurs et des plaintes,
J’ai recherché ma place auprès des écrivains
J’ai su en votre temps défié, vêtir l’empreinte !
Les orties m’ont poli, ce ne fût pas en vain !
En secret les ronces m’ont fait devenir sage,
Je manierai les mots avec plus de respect
Pour qu’ils puissent briller de beauté sans ambages !
Il vous faut tous cesser dès que paraît l’aspect
D’un hère révolté, meurtri au sein d’ethnies,
Mortifié par vos soins, devenu insoumis,
Un farouche, un rétif, aimant les jours de pluie…
Cessez de vous plaire, réfutez le déni !

Osez donc jour et nuit qu’il n’y est plus de larmes,
Votre école est le meurtre, exactions et les viols,
Oh ! Souffrez qu’éclate ma colère en alarme.
Devrais-je tolérer et y mettre un bémol ?
Cent des miens reviendront pour crier votre perte,
Leurs cris par eux poussé deviendront cris plus vrais !
Rien ne vous est échu et votre bouche ouverte,
Ainsi que vos regards ne m’arqueront jamais.
Laisser le temps au temps et quoi donc tout s’achève,
Et renaît en son temps, mais la raison écrit :
“ Votre bonté funeste exacerbe la sève ! ”
Et encor : “ Vos propos sont des bouquets flétris ! ”
Elles sont bien dites ces réflexions à l’ordre,
Des rappels clairvoyants, des plus intelligents…
Oh ! Je sais, vous viendrez à invoquer le désordre,
Ce règne du système et bien d’autres expédients.
“L’amour a ses raisons que la raison ignore”
Je déraisonne ainsi à me manifester,
Qu’importe ! Jugez-moi, par vos mots en pléthore,
Mais quant à me taire, nul ne peut l’exiger !

Par contre outre cela, seriez-vous, oui, capable
D’avanies, de pamphlets, digne de Lucifer,
Je vous condamnerais tout à l’irrémédiable,
Bref vous défaillirez avant les outsiders !
Ah ! Vos folles amours et vos folles pensées,
Ne pouvez les brûler, en éteindre l’ardeur ?
Elles vous détruiront jusqu’à la fin d’idées,
Lors un nouveau règne sera chez vous, la peur !
Juste retour des choses, de la plume qui gêne,
L’outil de débâcle, sur ce papier écrit,
Cette encre bien posée, ces traces en grandes traînes,
Ce sont mes expressions, elles font votre lit.
Dans les visions d’horreur que l’exode vous ronge,
Que votre sang fige, fige votre raison !
Les torrents de haine s’étirent et s’allongent
Devenant océans, étendues de poison,
Forcé à vous de boire et ce jusqu’à la lie…
Dans le vil usufruit des peuples en grands tourments
Dans l’hideuse tempête et la peine et l’envie,
La peur vous accoste, vous hante excellemment.

Plus vif que le stylet, les médias se déchaînent,
Vos orémus déments et votre orgueil divin,
Font les premières pages, elles qui vous entraînent
A la dévastation, brisant votre destin !
Lors, je donne des ailes aux songes qui m’inondent,
Ma conscience réveille alors la voix du cœur,
Laissant réapparaître au décor les douceurs,
Éloignant l’orage qui se réveille et gronde.
La croisée des chemins offre la perception,
Estime les sillons épurés d’artifices…
Le souvenir d’abords manqués pousse les pions
Vers la certitude puis vers le bénéfice…
Car ne pouvant sceller que par tous les esprits,
Unis en concorde et vivant le tangible !
Où courent tous ces fils ? Enfants poussant des cris,
Ces filles cheminant sûres du sort infaillible…
De l’aube au crépuscule, ils vont la joie au cœur,
Avec la même ardeur, sortant de la géhenne,
Ils semble dirent à Dieu : “ Merci de ce bonheur,
Nous, nous aimons la paix et rejetons la haine ! ”

plumedefou

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