A l’ombre d’un été

Elle m’a dit un mardi à la plage

Sous l’azur qu’avaient fui tous les nuages,

Que j’étais le plus doux des soleils

Qui lui avait jamais caressé l’œil.

 

Je lui ai dit, et nous nous sommes dits

Mercredi, jeudi, et à l’infini,

Qu’ici-bas le temps était bien trop court

Pour passer ses jours à compter les jours.

 

Et nos dix doigts, si heureux, si fébriles

Ont cueilli comme l’on cueille en avril,

Ces pétales qui fleurent le bonheur,

Et font s’écouler trop vite les heures.

 

C’était à l’ombre de la saison bleue,

La jeunesse coulant ses jours heureux.

Deux colombes dans les bras du vent,

Une empreinte dans le sable du temps.

 

Je lui ai dit un jeudi sur un quai

D’une voix par l’émotion truquée,

Qu’il fallait hélas démêler nos pas,

Car sur nous des feuilles pleuvaient déjà.

 

Et sur nos deux corps encor enlacés,

Nos yeux encor éblouis ont pleuré

Pour la saison qui fut bien éphémère,

Et la fin de l’idylle trop amère ;

 

Nos lèvres encor ivres ont mordu

Comme l’on mord dans un fruit défendu,

A la chair du bonheur qui s’en allait,

En plein cœur du rêve qui s’envolait.

 

Et un soir, ma plume encore enchantée

Sur le mur des rêves d’éternité,

A gravé ce délicieux souvenir

Pour l’ennui des jours de pluie à venir.

 

Ce sera un jour du bois mort dans l’âtre

Des vieux jours défleuris, froids et blanchâtres.

Un brin de chaleur dans un cœur flétri,

Douce lumière au couchant d’une vie.

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3 Commentaires
  1. Personne 4 ans Il y a

    J’aime beaucoup votre poème et mes strophes préférées sont :

    Et nos dix doigts, si heureux, si fébriles
    Ont cueilli comme l’on cueille en avril,
    Ces pétales qui fleurent le bonheur,
    Et font s’écouler trop vite les heures.

    C’était à l’ombre de la saison bleue,
    La jeunesse coulant ses jours heureux.
    Deux colombes dans les bras du vent,
    Une empreinte dans le sable du temps.

    Nos lèvres encor ivres ont mordu
    Comme l’on mord dans un fruit défendu,
    A la chair du bonheur qui s’en allait,
    En plein cœur du rêve qui s’envolait.

    Et un soir, ma plume encore enchantée
    Sur le mur des rêves d’éternité,
    A gravé ce délicieux souvenir
    Pour l’ennui des jours de pluie à venir.

    1 V + *****

    J’aime lire vos écrits, c’est très agréable et je vous remercie pour ces instants de plaisir que vous nous offrez, bonne continuation à vous.

    Amicalement
    Personne 😉

  2. Gilles LORPIN 4 ans Il y a

    Un amour d’été à jamais gravé
    Très joli poème

    Amitiés
    LGilles

  3. REVEPOURPRE 3 ans Il y a

    Ecrire en 10 n’est pas chose aisée!!

    bravo

    RP

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