Il m’arrive souvent d’imaginer ton sourire : je veux dire qu’en moi il installe, en arquant tes lèvres, comme un soleil – un de ces soleils un peu tristes, un peu pâle d’automne – et ce soleil, ensemble mélancolique et doux, dore ma tristesse, si alors je suis triste, et la change en une calme joie.

Il y a rarement de la joie dans un sourire.

Les lèvres restent toujours glacées, sensibles comme l’est aux plus infimes roulis des vents la feuille maigre ; seulement remuées d’ondes comme l’eau d’un puits : le bonheur, s’il déferle sur un être, souvent dédaigne ses lèvres pour monter, par vagues, à l’assaut de ses yeux : les pleurs marquent d’un même sel la félicité et la détresse.

Mais tes lèvres, même immobiles comme des pierres, même closes sur tes silences bleus, par le baiser ailé dont elles sont la promesse sont les intersignes d’un grand bonheur.
Je dis : tes « silences bleus », car alors tu retournes en toi-même, dans cet inaccessible azur que mon chant s’épuise à vouloir dépeindre.

Ton sourire est celui d’un enfant-oiseau.
Diaphane et léger, il est la robe de gaze de la très jeune aurore qui danse, du bout de ses petits pieds blancs, au-dessus des prés bleus qui s’éveillent.
Mais tu es cette danseuse !
Tu es toi-même l’aurore, puisque ses chœurs d’oiseaux naissent sur tes lèvres et qu’être favorisé par l’apparition d’un seul de tes sourires, c’est voir, émerveillé, sur un visage de femme éclore un ciel vaste et clair !

Et je n’ai qu’un reproche a te faire : celui de ne pas exister…

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2 Commentaires
  1. CARLAME 2 mois Il y a

    sourire ! très beau !
    merci du partage
    carlame

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