le faon et le chasseur

Il est né ce matin

discret ravi

de pouvoir enfin sentir

ces grandes herbes

et le vent qui lui chatouille les narines

le spectacle de la campagne lui semble géant

est-il possible que ce paradis soit pour lui ?

Il se lève et chancelle

Dieu que la vie est belle

un oiseau passe

une mésange appelle

des insectes bourdonnent

et un brin de soleil

lui donne l’envie de s’ébrouer quelque peu

La présence maternelle le rassure

et d’un commun instinct

les deux se rapprochent et se frottent le museau

la tendresse n’est pas le seul apanage de l’humain

il faut croire.

Les deux traversent le pré non fauché

en cet été pluvieux et tellement frais.

Les grandes herbes le cachent des yeux trop curieux

tellement de choses à ressentir à découvrir

les bonds à s’essayer

les herbes à goûter

ce sera pour plus tard

le lait de maman a l’odeur des champs…

Quel est ce cri lointain ?

C’est un plus grand noyé d’ivresse

pour s’être fait gourmand

à trop manger les pousses des sapins !

Quelle euphorie  ! Quelle joie de vivre !

avons-nous d’autres endroits plus jolis pour courir et bondir à souhait ?

La forêt, quel lieu magique

où chaque recoin connaît sa surprise cachée

son champignon coloré

son écorce bien tendre

et ses fourrés pour se dissimuler.

Bébé ne sait plus quoi regarder sans en être étonné !

Sûr, se dit-il, le paradis est bien à ma portée !!

Monsieur le chasseur,

oui, toi, qui joue au Robinson Crusoé le soir aux aguets,

peux-tu lui laisser le temps d’ expérimenter son nouveau paradis ?

lui laisser le temps de profiter

et d’apprécier le jeu avec sa famille

sans se transformer comme le Bambi de Walt Disney ,

en orphelin bien trop triste à pleurer.

Après tout, les belles histoires existent

il suffit seulement de se les imaginer

et leur permettre ainsi de se concrétiser !

Histoire de volonté !

Mais encore faut-il

un cœur assez grand pour tout aimer

sans faire le tri de ce que l’on peut accepter de laisser vivre

ou de tuer à volonté

Dieu que la conscience épuise

quand elle vous mène à de telles pensées.

Si seulement le coup de fusil pouvait tout alléger

et le prix de la chair ainsi tuée

justifier ce méfait et le légitimer !

Ce faon n’a qu’à bien se tenir

et rester hors de notre portée

l’innocence n’a pas de prix
et le fusil doit se rentabiliser
c’est cela le plaisir de vivre quand on est humain et intéressé !
Il n’y a rien à redire
c’est le langage du sourd face à la vraie nature ainsi révélée.

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