Aube

Et elle vint lentement les pieds nus sur la cendre,
Tenant dans ses doigts blancs les cheveux de la nuit ,
Sa rousseur de henné et ses trilles de merles ,
Belle magiquement de l’orient des perles,
Rire des mousserons sous la fraîcheur des pluie,
Qu’en larmes sur ma peau elle faisait descendre…

Et ces campagnes nues où tu poses ton crâne
Pauvre lune harnachée de sang et de drapeaux
Ocellant de ton œil les ruines pensives,
L’hiver à des serpents la lenteur et la peau
Froide. Et ces ciels bas et lourd ainsi qu’une marquise,
D’Enfer, dans ces campagnes nues où gémissent les mânes
Sont pareilles à ma ville, et les yeux des Atlantes
Pendus sous les balcons sont tristes mêmement
Que ceux de mon amour qui si tôt s’éteignirent
Et que je vois danser ainsi que son sourire
Comme une aile d’oiseau dans le chagrin du vent…

Ô ma tristesse amie ô mon épouse sombre
Vois les morts enlaçant le sommeil des clochers!
Ces blêmes avenues que tracent les nochers
Ces aubes semant l’or sur les deuils et les ombres !
Heures enfouies, saisons, beauté cruelle d’êtres
Toujours drapée d’amour aux sources des printemps ,
Toujours au clair soleil jeune éternellement ,
Ainsi que l’aube aimée que je vois apparaître.

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2 Commentaires
  1. Photo du profil de patrickl
    patrickl 2 semaines Il y a

    Belle poésie qui mêle une rigoureuse métrique et le ton grave d’une tragédie.

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